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Algérie. L’effet de fronde de l’usine Renault

En déplacement demain en Algérie, pour l’inauguration de l’usine de Tlelat, une délégation française dirigée par deux ministres, plaidera en faveur de l’extension de cette expérience à d’autres secteurs, militaires en particulier. L’idée est alléchante, mais la transformation de l’essai semble ardue.

Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères se rendra demain en Algérie en compagnie d’Emmanuel Macron, ministre de l’Économie de l’industrie et du numérique pour l’inauguration, au côté Carlos Ghosn, PDG du groupe Renault et des responsables et des acteurs économiques algériens, de l’usine Renault de Oued Tlelat, au sud-est d’Oran. « Laurent Fabius soulignera, en particulier, à l’occasion de sa visite, nos quatre priorités dans ce domaine : le développement des infrastructures et des transports ; la promotion de projets de villes nouvelles aux normes internationales ; le développement de la coopération en matière de tourisme ; l’innovation en matière d’énergie. Plusieurs entreprises et opérateurs français accompagneront à cette fin les ministres », peut-on lire sur le site du ministère français des Affaires étrangères. La présence de Guillaume Faury, PDG d’Airbus hélicoptères, a retenu l’attention des observateurs. Elle a d’ailleurs été relevée par Laurent Fabius lui-même lors d’un entretien accordé à l’AFP. « Il existe d’autres projets importants que nous examinons. Je serai   accompagné notamment du PDG d’Airbus hélicoptères. Nous allons voir si une  coopération peut être envisagée dans ce domaine. Je le souhaite », a notamment déclaré le chef de la diplomatie française.

En 2013, les commandes civiles et militaires d’Airbus hélicoptères se sont élevées à 422 appareils. Sur le même exercice, à lui seul, le marché mondial militaire avait absorbé 803 hélicoptères. Sur ce segment de Airbus hélicoptères a réalisé 11% de part de marché et se classe au 4e rang, derrière les Américains Boeing (16%) et Sikorsky (20% et les constructeurs russes (24%). En revanche, c’est dans le domaine civil –représentant 799 appareils commandés- qu’Airbus hélicoptères se taille la part du lion avec 46% de part de marché, loin devant l’Américain Bell (21%), l’anglo-italien AgustaWestland (19%) et les constructeurs russes et l’Américain Sikorsky 6% chacun.

Les stigmates de l’embargo

L’étendue du territoire algérien et la menace potentielle du terrorisme militent en faveur de l’acquisition de moyens aériens de plus en plus importants. Mais l’armée algérienne a déjà conclu, en 2012, un contrat avec la Russie d’un montant de 2,7 milliards de dollars pour l’acquisition de 48 nouveaux hélicoptères et la modernisation de 40 autres déjà en service. L’exécution de cet accord est déjà effective depuis le début de l’année en cours.

Depuis les années 1990, la part de l’industrie algérienne dans le PIB n’a cessé de dégringoler pour atteindre le seuil inquiétant de 5% du PIB allant jusqu’à pousser le FMI à tirer la sonnette d’alarme. Consciente de cette situation et de l’obligation du pays à diversifier son économie, la direction d’Airbus hélicoptères nourrit l’espoir, selon plusieurs sources, de suivre l’exemple de Renault en proposant la construction d’une usine de montage sur le sol algérien. Une offre du même genre aurait déjà été repoussée par les autorités algériennes en 2012, Airbus hélicoptères ayant pris part à l’embargo visant l’Algérie dans les années 1990, alors que ce pays était engagé dans une lutte meurtrière contre le terrorisme.

Depuis, sur ce registre, aucun élément fondamental susceptible de faire évoluer la position algérienne n’est intervenu. Bien au contraire, le chantage économique à des fins politiques a repris de plus belle. Et dès lors qu’il s’exerce à l’égard d’une grande puissance comme la Russie, les autres pays ont de sérieuses raisons de s’en inquiéter. C’est d’autant plus évident que le fournisseur traditionnel de l’Algérie mène une politique totalement indépendante et ne se laisse pas prendre au jeu du partenaire fouettard.

Dahmane Soudani

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