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Algérie. Ahmed Gaïd Salah siffle la fin de la partie

Il risque d’y laisser son rôle d’arbitre.

En visite à la deuxième région militaire, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) apporte son soutien à la transition strictement constitutionnelle. En clair, celle qui a permis à Abdelkader Bensalah, président du sénat –issu du tiers présidentiel, donc non élu-, de se hisser, pour 90 jours, à la tête de la magistrature suprême du pays.  En guise de garantie, le chef d’état-major promet un accompagnement de l’armée durant « la période de transition destinée à la préparation des élections présidentielles ». Selon l’officier supérieur, l’ANPveillera au « strict respect des règles de transparence et d’intégrité et des lois de la République ».

Ahmed Gaïd Salah considère, en outre comme« irraisonnable de gérer la période de transition sans les institutions qui organisent et supervisent cette opération (…) ». Problème, si les choses sont maintenues en l’État, ce cela signifie que ce sont des hommes –en l’occurrence le Premier ministre et le président intérimaire-  impliqués dans des fraudes électorales massives et qui plus est, ont, corps et âme, défendu l’idée abjecte du cinquième mandat, qui vont superviser les élections. 

Un pouvoir récidiviste et autiste

Agitant  l’épouvantail de« parties étrangères », le militaire rejette l’idée de«représentants du peuple en vue de conduire la phase de transition ». Certaines exigences populaires, réduites au rang de « slogans », sont par ailleurs jugées « irréalisables ». Rappelons que le fond de la demande populaire s’articule autour du démantèlement total du système en place et de l’instauration d’une démocratie pleine et entière. Au vingt-et-unième siècle, ces demandes sont parfaitement réalistes et réalisables et ce d’autant que l’État algérien est doté d’institutions solides.

En gage de bonne foie, Gaïd Salah cite « les poursuites judiciaires contre toute la bande impliquée dans les affaires de détournement et de dilapidation des fonds publics » en soulignant que ces poursuites seront étendues « aux affaires de détournement précédentes » comme celles d’El Khalifa, Sonatrach et du « Boucher ». 

À signaler que ces poursuites sont engagées sur instruction du pouvoir et n’émanent pas d’une justice indépendante pouvant s’autosaisir des dossiers. Rien par ailleurs ne garantie qu’elles vont aller jusqu’au bout. Et c’est là où le bât blesse. L’Algérie n’a que trop souffert des campagnes démagogiques et sans lendemain. Elle a besoin que les choses soient inscrites dans le marbre.

En résumé, Ahmed Gaïd Salah affirme que l’armée garantira le déroulement régulier de la prochaine élection présidentielle, donne comme gage les poursuites engagées contre certains délinquants du pouvoir et demande aux millions d’Algériens de rentrer chez eux et de ne plus manifester. Autrement dit tout ce que ces Algériens ont fait depuis le 22 février dernier, c’était juste pour lui permettre de jouer le beau rôle. 

Après la décennie noire, des années 1990, tout le monde a compris que ce pouvoir est récidiviste. Aujourd’hui, il nous prouve qu’il est aussi autiste. Il est dans le déni total de la réalité, celle d’un peuple patriote qui demande à s’émanciper.

Dahmane SOUDANI

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