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Les Etats-Unis se lancent dans les parcs éoliens en zones maritimes

Le premier parc de ce gigantesque marché vient de voir le jour au large de l’île de Block Island dans le nord-est des Etats-Unis.

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Les travaux du parc de Block Island (photo Dahmane Soudani)

General Electric (GE) a été bien inspiré de s’offrir, voilà un peu moins d’un an, la division énergie d’Alstom, près de 20 000 emplois en France. De l’avis des experts et des grands investisseurs américains, les parcs éoliens en zones maritimes – offshore wind farms- sont désormais une industrie mature et les Etats-Unis se lancent résolument dans la course. Pour preuve, D. E. Shaw Group, l’un des plus grands fonds d’investissement new-yorkais vient de participer au projet pionnier de Deepwater Wind au large de Block Island, une petite île paradisiaque de Rhode Island ( 2 521 Km2 et un peu moins de 1 100 habitants, nord-est des Etats-Unis) à hauteur de 300 millions de dollars.

Une île paradisiaque exportatrice d’énergie propre

Les turbines nécessaires à ce projet ont été produites, en France, par la division énergie de GE, acquise auprès d’Alstom pour un montant de 12 milliards d’euros. Leur installation a été réalisée par le navire Brave Tern du groupe norvégien Fred Olson Windcarrier

Jusqu’à présent, Block Island produisait l’électricité nécessaire à sa consommation à partir d’hydrocarbures. À partir du mois d’octobre prochain, le nouveau parc d’éoliennes installé au large de cette île va lui fournir 90% de ses besoins énergétiques ; ce qui ne représente que 10% de l’énergie produite par ce même parc ; le reste étant assuré par d’autres énergies alternatives. De fait, dans moins de deux mois, Block Island deviendra donc exportatrice d’énergie propre. À l’automne 2016, elle injectera 90% de l’énergie que produira son parc dans le réseau de la Nouvelle Angleterre

USA : des projets gigantesques

En matière d’éoliennes en zones maritimes, les Européens dont les premières expériences remontent à deux décennies, ont une longueur d’avance sur les Etats-Unis. Mais selon toute vraisemblance, le secteur étant, à présent mature, les Américains vont démarrer sur les chapeaux de roues. On retiendra, en particulier, le projet majeur Cap Wind au large de Cape Cod -État du Massachussetts-. Ce chantier qui vient d’être déclaré d’utilité publique devra se solder par l’installation de 130 turbines, soit près de la moitié de tout le parc européen et fournira 50 fois plus d’énergie que le modeste parc de Block Island.

Par ailleurs, Andrew M. Cuomo, gouverneur démocrate de l’État de New York a fixé à 50% la part des énergies renouvelables dans la consommation de cet État d’ici 2030. Une part importante de cet objectif sera, sans nul doute, réalisée par des éoliennes en zone maritime.

À ceci, il faudra ajouter une vingtaine de grands projets du genre. Le marché américain des parcs éoliens offshores connaît un véritable boom.

Les éoliennes plus laborieuses en zone maritime

Les éoliennes maritimes sont légèrement plus couteuses que celles des parcs en terre pleine, mais elles ont cet avantage de ne pas être sujettes à l’intermittence qui frappe les installations en terre ferme –les vents étant plus forts et plus constants-. Elles sont donc plus rentables. Mais pour éviter les retombées négatives liées aux offshores, deux idées émergent aux Etats-Unis : Il s’agit d’implanter les installations assez loin de la côte pour qu’elles ne puissent pas être visibles. Il convient également de s’assurer qu’elles ne soient pas implantées sur les couloirs de migration des oiseaux.

Menaces sur l’emploi en France

Cela dit, pour le projet de Block Island, Les investisseurs ont bien voulu consentir à l’importation de turbines de France, mais ils murmurent déjà -et The New York Times s’en est fait l’écho- que leur production locale en réduirait les coûts de façon fort substantielle.

Ces desseins font peser une menace sérieuse sur la division énergie de GE implantée en France. Les insinuations, faites en 2015, par Jeff Immelt PDG de GE sur le maintien des emplois, concernés par la transaction d’alors, en France, ressemblent de plus en plus à vagues promesses.

Dahmane SOUDANI

 

 

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