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Alain Juppé séduit les Français de New York

Salué par une assistance nombreuse, essentiellement des jeunes, le maire de Bordeaux s’est montré très convaincant.

Beaucoup de jeunes à la rencontre d’Alain Juppé (photo Dahmane Soudani)

Beaucoup de jeunes à la rencontre d’Alain Juppé (photo Dahmane Soudani)

La France est engluée dans un chômage endémique, une fiscalité insupportable, une dette publique qui représente 57% de son PIB et une croissance quasi-inexistante. Le tout aggravé par un carcan bureaucratique et un réglementarisme excessif au point de devenir illisible. Cette situation est d’autant plus inquiétante qu’elle se manifeste dans contexte mondial très volatil où la seule certitude semble être l’incertitude des lendemains. C’est ce tableau qu’avait brossé, d’entrée de jeu, vendredi dernier, à la brasserie Luhimann, au 45 Rockefeller Plaza à New York, Alain Juppé, devant une salle pleine à craquer. À leur grand dam, les derniers arrivés ont dû suivre les interventions depuis l’extérieur du bâtiment. Ce qui n’était pas pour déplaire à l’invité de Frédéric Lefebvre, député UMP pour l’Amérique du Nord et initiateur heureux de ce rendez-vous.

La fibre gaulliste

Non, l’ancien Premier ministre, actuel maire de Bordeaux et candidat à la primaire UMP pour la présidentielle de 2017, n’était pas venu dans la capitale économique des Etats-Unis « pour dire des méchancetés sur la situation de la France». Il avait juste besoin de planter le décor pour dérouler ce qui semble bien être une esquisse de son programme. D’ailleurs pour affirmer la fibre gaulliste Alain Juppé n’a pas gêné à lancer que « la société américaine n’est pas un modèle » et que « le caractère d’une société américaine apaisée, ça se discute ». Deux déclarations qui prennent tout leur sens lorsqu’elles sont livrées à quelques pas de l’ancien hôtel Astor, là où, le 26 avril 1960, le général de Gaulle avait déclaré : « Je salue New York comme étant le principal centre des libres échanges qui ont lieu entre notre vieux et, cependant, jeune continent et votre Nouveau monde, qui est déjà ancien dans l’Histoire des hommes ».

« On a été maladroit avec la Russie »

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Une assistance nombreuse (photo Dahmane Soudani)

Et le maire de Bordeaux d’enfoncer le clou en esquissant une ligne politique indépendante et qui prend le contre-pieds de la voie suivie, jusqu’à présent, par la diplomatie française « On a été maladroit avec la Russie. Il faut créer, avec la Russie, un rapport de force, lui dire : on est amis, mais il y a une ligne rouge à ne pas franchir ». Sans prendre de gans, Alain Juppé n’a pas hésité pas à tourner en ridicule ceux qui brandissent le spectre de la guerre contre Moscou. Côté nucléaire Iranien « Il faut être moins sévère avec l’Iran, sur le projet d’accord. Il faut réintégrer l’Iran, Il faut introduire l’Iran dans la jeu ».

La ligne gaulliste étant clairement affirmée, l’essentiel du message d’Alain Juppé porte sur la politique intérieure.

Des réformes et « une identité heureuse »

Des réformes plus profondes centrées sur la liberté d’entreprendre, une nouvelle relation au travail, la réduction du coût du travail, la révision de la durée du travail, l’augmentation de l’âge légal du départ à la retraite, une fiscalité moins lourde, plus de performances dans le secteur public…, figurent parmi les priorités de l’agenda du maire de Bordeaux. À titre d’exemple, le candidat à la candidature cite : « La Poste, c’était une administration publique et aujourd’hui c’est une entreprise performante ».

Côté sociétal, Alain Juppé défend bec et ongles son idée « d’identité heureuse ». En clair, « il faudra apprendre à mieux vivre ensemble, à respecter les différences. La laïcité, c’est le respect de toutes les religions. En retour, les religions doivent respecter la République. Nous devons respecter notre bien commun que sont les valeurs de la République », plaide le maire de Bordeaux en assurant par ailleurs que la sécurité sera garantie à tous les citoyens. La promesse «  d’un meilleur contrôle du flux migratoire » a également été réaffirmée Et l’ancien Premier ministre d’appeler à l’esprit national et à l’unité autour du drapeau national.

La veille, l’ancien chef du gouvernement avait eu un entretien, au siège des Nations Unies, avec l’argentine Susana Malcorra, directrice de cabinet de Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies où il était question du dernier drame lié à l’immigration clandestine, survenu en méditerranée. « Il faut sauver les victimes, mais cela ne réglera pas le problème à long terme. Nous avons besoin d’un partenariat avec l’Afrique qui sera un grand territoire émergeant dans les vingts prochaines années, mais à court terme, il faut stopper le mouvement », soutient Alain Juppé.

« Il n’y aura pas un plan A, avant les élections et un plan B, après les élections »

Avec le député Frédéric Lefebvre  (photo Dahmane Soudani)

Avec le député Frédéric Lefebvre (photo Dahmane Soudani)

Bref, selon Alain Juppé qui, selon ses propres dires, n’a pas « pour habitude de dorer la pilule », il faudra à la France une politique audacieuse, mais sans faire trop de vagues. La France a besoin de « beaucoup de réformes », mais la maitrise de l’art du maire de Bordeaux lui fait dire qu’il conviendrait néanmoins « d’éviter la goûte qui fera déborder le vase ». Il ne faut surtout pas « entrer dans un maximalisme intégral ». « Je suis un chaud partisan de la modération et la modération, ce n’est pas de la mollesse. Il faut être fort pour être modéré », lance-t-il ; Une occasion pour l’ancien locataire de Matignon d’enclencher sur la méthode, sa méthode. Et cela commence par le serment de respecter les promesses électorales. « Il n’y aura pas un plan A, avant les élections et un plan B, après les élections ». En clair pour Alain Juppé la première qualité d’un président de la République réside dans son aptitude à contractualiser avec son électorat et surtout avec l’ensemble de ses concitoyens. Car la confiance sera « le maître-mot » de la ligne qui sera suivie par l’ancien Premier ministre s’il lui venait d’être élu. « Il faut que la France retrouve la confiance, la confiance en elle-même, la confiance en l’Europe, la confiance en l’avenir » s’en convainc l’orateur non sans asséner : « Aujourd’hui, les ministres passent un tiers de leur temps sur les plateaux de BFMTV et LCI, un autre tiers dans leurs régions et un dernier tiers au travail ». Autant dire que s’il lui arrive d’accéder à la magistrature suprême, Alain Juppé nommera un gouvernement serré et concentré sur le travail. « Lorsque j’étais Premier ministre, j’avais prévu un gouvernement de 15 ministres, mais on commencé par me dire : Oh ! il n’y a personne de la campagne, il n’y a personne de l’Alsace… et c’est comme cela que je me suis retrouvé avec 40 ministres », confie-t-il en guise de pointe du genre amical à Jacques Chirac.

Primaires : « Si l’on arrive à ouvrir largement le jeu (…), j’ai toutes mes chances »

Confiance, mais aussi optimisme, car en dépit du constat amer qu’il avait dressé en guise de mise en bouche, Alain Juppé

Photos souvenirs après les échanges (photo Dahmane Soudani)

Photos souvenirs après les échanges (photo Dahmane Soudani)

était venu à New York pour délivrer, à ses compatriotes expatriés « un message positif et optimiste ». « La France est la 6e puissance économique du G20, elle une agriculture puissante, un capital et un potentiel humain magnifique, une main d’œuvre qualifiée et performante et c’est le pays en Europe où l’on créé le plus d’entreprises » égraine le maire de Bordeaux, salué par une très forte présence de jeunes.

Un constat, un programme, une méthode, l’assistance comprendra que « dans un monde tumultueux et une situation interne difficile, la France a besoin d’un homme d’expérience à la stature internationale avérée ; un homme qui a la sagesse de réconcilier la France avec ses fondamentaux tout en lui permettant d’aller de l’avant » dixit une jeune Française vivant à New York.

Mais avant de se lancer dans la présidentielle, il faudra au maire de Bordeaux franchir l’obstacle de la primaires UMP prévue pour les 20 et 27 novembre 2016. « Si l’on arrive à ouvrir largement le jeu, si l’on est ouvert, j’ai toutes mes chances. Si cela se limite au noyau dur de l’UMP, j’ai moins de chance » commente sereinement Alain Juppé.

Dahmane Soudani

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