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USA. Baltimore : violences et incertitudes du lendemain

La Garde nationale est déployée à Baltimore, mais le calme demeure précaire.

La police dans le collimateur des émeutiers  (pht écran-DR)

La police dans le collimateur des émeutiers (pht écran-DR)

Quinze policiers blessés dont 6 sérieusement, un homme et une femme blessés par balles, 200 arrestations, écoles toujours fermées,15 bâtiments incendiés, des commerces pillés, 144 véhicules brûlés, c’est le lourd bilan des émeutes qui ont secoué, depuis hier lundi, la ville côtière de Baltimore –Est des Etats-Unis et à 64 km de Washington DC-. Et mis à part les deux blessés par balles on n’a encore aucune idée du nombre des autres blessés parmi les manifestants.

La police, cible des émeutiers

Ce matin, à l’Aube, la Garde nationale a commencé à se déployer à Baltimore city ; une application du décret exécutif pris la veille par gouverneur républicain Larry Hogan qui en outre, a déclaré l’état d’urgence dans la capitale économique du Maryland. Les hommes en vert –dont le PC a été installé à proximité de la direction de la police du district ouest- et leurs engins blindés ont commencé à se déployer dans la ville. Les postes de police, de la protection civile et les bâtiments publics figurent parmi les sites à protéger en priorité.

En effet, contrairement au soulèvement de Ferguson dans le Missouri de l’été dernier, à Baltimore, les émeutiers ciblent ouvertement la police et n’hésitent plus à aller à des contacts frontaux avec les forces de l’ordre.

La victime aurait dû être prise en charge sur son lieu d’arrestation

Freddie Gray –dont la mort est à l’origine de ces troubles- avait été arrêté le 12 avril dernier à Gilmor Homes (ouest de Baltimore) par des policiers à l’issue d’une course-poursuite et lors de son embarquement à bord d’un véhicule de police, une vidéo amateur montre qu’il hurlait de douleur et que son corps était flasque et ramolli, mais il ne recevra les premiers soins qu’après un détour par le poste de police. Sa famille soutient que lorsque le jeune Freddie -25 ans- était arrivé, à l’hôpital, dans un état comateux, 80% de sa moelle épinière étaient sectionnés et que son larynx avait subi un écrasement. De son côté, la police a reconnu que la victime aurait dû recevoir les premiers soins sur son lieu d’arrestation.

L’entrée dans le coma a, malheureusement, été fatale pour Freddie Gray qui rendu l’âme le 19 avril dernier.

Jusqu’à samedi dernier, comme l’avaient appelé de leurs vœux, la famille de la victime et le révérend Jamal Brayant qui a célébré la cérémonie funéraire, les manifestations de solidarité et d’appel à une justice ferme ont été plutôt calmes et respectueuses de l’ordre. Mais lundi, en dépit de la suspension de 6 policiers et de l’ouverture d’une enquête pour violation des droits civiques, le mouvement a dégénéré, semble échapper à tout contrôle et l’encadrement civique fut totalement submergé et dépassé.

Les gangs et le spectre de Kent State College

La police de Baltimore attribue ce regain de violence aux gangs Black Guerilla Family, Bloods et Black Crips qui selon « des informations crédibles » -termes employés par la police-, auraient juré de causer le plus de dommages possibles aux forces de l’ordre

Cette évolution est d’autant plus désastreuse pour la mairesse démocrate Stephanie Rawling-Blake et Anhony W. Batts, le patron de la police de Baltimore –tous deux afro-américains- qu’ils avaient mis en place une démarche de rapports moins brutaux de la police envers les citoyens de couleur. La Garde nationale étant sous les ordres d’un gouverneur républicain, ce duo a sans doute le sentiment de perdre le contrôle la situation avec tout ce que cela peut avoir comme incidence sur les politiques mises en place. D’ores et déjà, faisant allusion aux précédentes émeutes, le gouverneur Larry Hogan promet que «cela ne se reproduira pas ».

Le drame de l’université de Kent State dans L’Ohio où le 4 mai 1970, les tirs de la Garde nationale avaient atteint mortellement 4 étudiants et blessé 4 autres, est dans tous les esprits.

Pas moins de 24,3% de la population, à majorité noire, de Baltimore vivent en-dessous du seuil de pauvreté et le taux de chômage affecte 11% de la population active.

Dahmane Soudani

Barack Obama appelle à un examen des consciences

Le président Obama s’est entretenu, par téléphone, avec Larry Hogan gouverneur du Maryland et Stephanie Rawling-Blake, maire de Baltimore.

Par ailleurs, lors de la conférence de presse qu’il tenait aujourd’hui en compagnie du Premier ministre japonais Shinzo Abe, le président américain a déclaré «Il n’y a aucune excuse pour le type de violence que nous avons vu hier… Il est contre-productif », en précisant toutefois, que les problèmes que connaissent des endroits comme Baltimore ne sont pas nouveaux et ont besoin du concours de tous pour être traités.

« Nous ne pouvons pas juste laisser cette tâche à la police. Les services de police ont à faire une certaine introspection. Je pense que certaines communautés ont a faire la leur (…), Mais je pense aussi que nous, en tant que nation, avons à faire une sorte d’introspection. Ceci n’est pas nouveau. Cela dure depuis des décennies » a ajouté Barack Obama

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