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France. Nicolas Sarkozy égal à lui-même

Contrairement à ce qu’il avait affirmé dans sa déclaration de vendredi dernier, l’ancien président français est toujours égal à lui même. Son action reste guidée par la vanité et l’arrogance.

 

Vendredi dernier, dans sa déclaration de candidature à la présidence de l’UMP (droite), Nicolas Sarkozy reconnait à demi-mot que son premier mandat à l’Élysée était quelque peu guidé par une sorte de vanité et un esprit belliqueux. « J’ai pu prendre le recul indispensable pour analyser le déroulement de mon mandat, en tirer les leçons, revenir sur ce que fut notre histoire commune, mesurer la vanité de certains sentiments, écarter tout esprit de revanche ou d’affrontement », concède-t-il. Pourtant la méthode de persuasion de l’ancien locataire de l’Élysée n’a pas changé : pousser l’alarmisme à son plus haut niveau pour mettre en avant les impératifs de nécessité et d’urgence, repris en chœur par les scribes agenouillés –rien à voir avec la noblesse du Scribe accroupi- et au passage annihiler tout esprit critique, Nicolas Sarkozy a l’art de mettre son audience sous pression pour mieux la posséder. Mais passons !

Juppé et Fillon pour satisfaire la vanité de l’ancien président

Reste que la dernière interview accordée par l’ancien président français du JDD, montre que celui-ci n’a renoncé, ni à sa fatuité, ni à son esprit belliciste. Et il n’épargne personne. «Mon audience sur Facebook fait le double de celle de la conférence de presse de Hollande et en une seule journée j’ai gagné plus de nouveaux amis que le total de ceux de Juppé et Fillon réunis. (…). Je lis qu’un tiers des gens seraient intéressés par mon retour. Cela fait quand même 20 millions de personnes (…). Combien obtiendraient Hollande, Juppé ou Fillon si on posait la même question pour eux ? », claironne-t-il.

Et l’ancien président français de se gausser de l’incapacité de François Fillon de reprendre les rênes de l’UMP, pendant son absence provisoire de la scène politique. Sur d’autres canaux, il a également raillé les ennuis judiciaires et l’âge d’Alain Juppé (69 ans). Si François Fillon n’a pas renoncé à son tempérament, en gardant un calme olympien, la réponse du maire de Bordeaux a été, on ne peut plus cinglante. « En matière d’ennuis judiciaires, vaut mieux ne pas se livrer à un match, hein ! », assène Alain Juppé, faisant sans doute allusion aux nombreuses tracasseries judiciaires de son détracteur.

Et dire que Nicolas Sarkozy a débuté son interview en scandant : «Je ne veux être agressif avec personne, je suis sans arrogance, ni esprit de revanche.»

La même méthode qu’en 2007 et 2012

Ainsi, l’ancien président à ce don exceptionnel d’infirmer à la fin d’un entretien, ce qu’il a déclaré à son début et de rester droit dans ses bottes. En fait, il n’a pas renoncé d’un iota à son infatuation et est resté excessivement agressif. Il en a apporté lui-même une nouvelle preuve hier dimanche sur le plateau de France 2, face à Laurent Delahousse. Du « mélenchisme », diriez-vous ! Pas tout à fait Jean-Luc Mélenchon ne fait pas systématiquement obstruction aux questions des journalistes, mais porte en horreur les questions stéréotypées ou inspirées par de fausses évidences. Du reste, le leader du Front de gauche n’a jamais tenté de faire limoger un journaliste. 

Autre preuve de ce remake annoncé, comme en 2007 le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy est un ancien flic.

Au cours de ce même week-end, Nicolas Sarkozy a déclaré : « Alain Juppé, je l’ai connu quand j’avais 20 ans. C’est un partenaire, un ami, c’est un compagnon, C’est quelqu’un pour qui j’ai même de l’admiration et j’aurai besoin de lui (…) Quant à François Fillon, il a été Premier ministre pendant cinq ans (…) on a travaillé sans aucun nuage, j’aurai besoin de lui aussi » ; des certitude et un esprit condescendant qui ne sont pas du goût des deux anciens Premiers ministres.

À droite, sans transition, la guerre des chefs imposée par Nicolas Sarkozy en demandant à ses concurrents de droite de satisfaire à sa vanité, fait déjà rage.

Mais revenons un petit peu en arrière sur la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy et sur ses autres sorties médiatiques du week-end. Il affirme qu’il aime la France et veut sa grandeur…. Il dit aussi qu’il veut revoir l’UMP de fond en comble et qu’il irait même jusqu’à changer son nom. Mais l’affirmation de ces grands principes et les intentions de restructurations ne nous renseignent point sur le cap vers lequel veut se diriger l’ancien président français. C’est une recette qu’il a déjà appliquée, lors de ses deux dernières campagnes présidentielles et ça a plus ou moins marché. Cette potion aura-t-elle le même effet à l’avenir. Rien n’est moins sûr. Comme les hommes et les discours, les méthodes sont, elles aussi, exposées à l’usure et à l’obsolescence.

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