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Canada-Algérie. Pierre Demers, victime ou coupable ?

La presse canadienne fait ses choux gras de cette affaire de détention d’un ingénieur québécois en Algérie pendant 40 mois

 

Pierre Demers sort de sa réserve (photo d'écran RC)

Pierre Demers sort de sa réserve (photo d’écran RC)

Depuis que Pierre Demers a décidé de se confesser à Radio Canada, l’affaire fait grand bruit au pays de l’érable. Pour obtenir un marché de construction d’hangars sur des bases militaires en Algérie, cet ingénieur canadien qui possédait la société québécoise ScaTT s’est allié à RSW International, un bureau d’ingénieurs québécois. Pierre Demers pensait peut-être avoir un atout en main : un certain Hamoud Si Hassan, de nationalité algérienne, était actionnaire de ScaTT. Mais, l’affaire tourne vite au vinaigre.

Pierre Demers entre en conflit avec le colonel Cheriet responsables des structures militaires aériennes qu’il soupçonne de vouloir l’écarter des futurs marchés et sent que moyennant commissions secrètes, son partenaire RSW partait favori ; soupçon dont il fera, d’ailleurs part à l’ambassade du Canda à Alger qui, en l’espèce n’a aucun droit de cité.

500 000 dollars en pots-de-vin

Parallèlement les services algériens de sécurité découvrent qu’un montant de 500 000 dollars avait été transféré, probablement frauduleusement, par RSW à l’étranger depuis le Canada et placé dans une banque en France au nom de Si Hassan. RSW se fait justice en se faisant rembourser ce montant par le consortium Scatt-RSW « à l’insu de Pierre Demers ». La moitié de la somme transférée sur le compte de Si Hassan, soit 250 000 dollars, a été verséé au Colonel algérien Bouabdallah la deuxième partie du magot aurait été gardée par Si Hassan lui-même.

Selon cette version, seuls Pierre Demers et George Dick, président de RSW n’étaient pas trempés dans cette affaire de corruption.

Reste qu’au printemps 2009, alors qu’il rentrait, de voyage, en Algérie, Pierre Demers aurait été arrêté avant d’effectuer les formalités d’entrée sur le territoire, embarqué dans une voiture et emmené dans un lieu où il aurait été interrogé pendant 30 heures. Entretemps, le colonel Bouabdallah et Si Hassan ont été écroués. Pierre Demers a été condamné à 6 ans de prison ferme, mais sera gracié et libéré après 40 mois de détention passé dans les prisons de Constantine et de Blida, le 29 août 2012.

« Ils ne me lâcheront pas »

À bien écouter Pierre Demers, qui continue à clamer son innocence, durant sa détention il aurait subi un calvaire indescriptible. Son procès qui s’est pourtant déroulé en présence de représentants de l’ambassade du Canada à Alger, aurait été « expéditif », Il aurait été isolé pendant six mois. Pour recouvrer certains de ses droits, il aurait fait trois grèves de la faim : La première pour avoir un avocat, la deuxième pour rencontrer le procureur militaire et la troisième pour avoir une réponse du procureur. Faute de moyens, pendant sa détention, ses enfants auraient également arrêté leurs études. « On a utilisé des moyens tout à fait illégaux en violation du droit international pour essayer d’avoir des aveux et Pierre n’a jamais craqué» renchérit son conseil, Me Claude Laferrière

« On avait une espèce de grande salle commune. On était six quand même, à ce moment là ; je n’étais pas isolé. Le Colonel Bouabdallah était là, Si Hassan, puis deux autres personnes ; bon… il y avait une vie un peu communautaire –en faisant le signe des guillemets- ce qui était un peu plus facile. Par contre, au niveau de la nourriture, c’était l’horreur (…) », se ravise néanmoins l’ancien détenu.

Il y a un autre élément surprenant dans le récit livré par Pierre Demers : Son frère et ses deux filles deux fille étaient partis le voir en 2010, mais pour son épouse Louise, « L’ambassade, va lui interdire, pour des raisons de sécurité, de venir en Algérie », détaille-t-il. Et Pierre Demers d’ajouter « On est dans la vague encore. Les poursuites sont encore là. Ils ne me lâcheront pas ».Toujours selon le récit de l’ingénieur québécois, l’ambassade du Canada à Alger est restée très distante, au motif qu’elle ne peut s’ingérer dans les actes de justice d’un autre pays.

Pierre Demers, est-il coupable ou innocent ? La presse canadienne insiste surtout sur la procédure et les conditions de détention de l’ingénieur canadien. On a du mal à deviner les chefs d’accusation -le fonds du dossier- sur lesquels, elle est restée très évasive. La vérité n’est peut-être ni totalement blanche, ni totalement noire, mais la justice algérienne a considéré que Pierre Demers était impliqué dans un délit de corruption.

Repères

Écouter le témoignage de Pierre Demers:

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2014/04/03/001-enquete-pierre-demers-ingenieur-algerie-prison.shtml

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11 Commentaires le “Canada-Algérie. Pierre Demers, victime ou coupable ?”

  1. Catherine Demers avril 4, 2014 à 8:58 #

    C’est George Dick qui est responsable des transferts banquaire…. Pas pierre demers! reecoutez le reportage d’enquête au lieu d’écrire des niaiseries. C’est George Dick qui a versé de l’argent et lui seul …

    • MaghNord News avril 4, 2014 à 9:15 #

      Dans notre article, il est bien dit « Parallèlement les services algériens de sécurité découvrent qu’un montant de 500 000 dollars avait été transféré, probablement frauduleusement, par RSW à l’étranger et placé dans une banque en France au nom de Si Hassan. » Nous n’avons jamais dit que c’était M. Pierre Demers. Notre souci n’est pas de refaire le procès, mais de rechercher la vérité. L’insulte et les jugements de valeur ne contribuent pas à cette quête.

  2. Catherine Demers avril 4, 2014 à 9:31 #

    Vous avez écrit :  » Selon cette version, seul Pierre Demers et Georges Dick, président de RSW n’étaient pas trempés dans cette affaire de corruption. ».

    • MaghNord News avril 4, 2014 à 10:03 #

      Je voulais dire par là, qu’il parle de RSW, mais pas explicitement de Gorge Dick

  3. Catherine Demers avril 4, 2014 à 9:32 #

    C’est drôlement mal tournée votre phrase parce que c’est George Dick qui est a la source du versement d’argent

    • MaghNord News avril 4, 2014 à 10:00 #

      Le journalisme, c’est d’abord un travail de critique des sources. C’est notre principe du contradictoire. Selon le récit de M. Pierre Demers, c’est RSW qui aurait versé les 500 000 dollars à un compte domicilié dans une banque implantée sur le territoire français. Or dans notre article, il est bien dit que M. George Dick est le président de RSW. Nous respectons votre point de vue. Cela dit, avons nous le droit, à partir de là, d’accuser M. George Dick, sans preuves, d’avoir effectuer ce versement ? Je crois que ça serait à la foi injuste et pas sérieux.. pas professionnel.
      Maintenant, vous êtes libre de faire un droit de réponse que je me ferais plaisir de publier.

  4. Catherine Demers avril 4, 2014 à 10:31 #

    http://ici.tou.tv/enquete/S2013E21?autoplay=true

    Les voilà les preuves!

    • MaghNord News avril 4, 2014 à 4:58 #

      On les met en ligne

    • MaghNord News avril 4, 2014 à 5:48 #

      Nous vous remercions pour cette contribution. Nous vous informons que toute information erronée publiée sur notre site, sera rectifiée et il n’est pas exclu qu’un texte complémentaire sera rédigé à la lumière des nouvelles informations auxquelles nous avons pu accéder à travers ce lien.

    • hammoud juin 9, 2014 à 7:05 #

      vive hammoud

  5. Anne Panasuk avril 4, 2014 à 3:24 #

    QUi signe l’article ? J’aimerais entrer en contact avec la personne.

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