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Algérie-Canada. Le dossier consortium RSWI-ScaTT : une affaire de corruption à rebondissement

Le dossier algéro-canadien de corruption affectant la réalisation d’infrastructures militaires en Algérie ne cesse de faire couler de l’encre. Des équipements réalisés sur une base militaire, près de Tamanrasset,  dans le sud algérien, sont au coeur de cette affaire.

 

Dans l’entourage de l’ingénieur québécois Pierre Demers, dirigeant de société ScaTT et directeur général du consortium ScaTT-RSWI –monté pour intervenir sur des projets algériens-, on insiste sur la responsabilité de Georges Dick, le président du bureau d’ingénieurs RSWI. En effet, le 15 avril 2003, « un contrat d’affaires », passé entre RSWI et Hamoud Si-Hassen, l’actionnaire algérien de ScaTT, prévoyait le versement d’une commission de 500 000 dollars. Selon un manuscrit présenté lors d’une édition récente de l’émission Enquête  de Radio Canada, Hamoud Si-Hassen reconnaît l’existence de ce contrat, mais déclare, en revanche, qu’il a été signé en mai 2005.

Un mystérieux « contrat d’affaires »

Après son arrestation à l’aéroport international Houari Boumédiene, le 25 mai 2009 et l’interrogatoire, qu’il avait subi immédiatement après, à Alger, Pierre Demers est transféré à Blida, puis à Oran, capitale de l’ouest algérien pour y être jugé par une juridiction militaire en même temps que le colonel Bouabdallah et Hamoud Si-Hassen, les deux autres mis en cause, dans cette affaire de corruption, arrêtés au début de l’année 2009. L’audience s’était déroulée le 3 décembre 2009 en présence de représentants de l’ambassade du Canada à Alger. Le patron de ScaTT et M. Si-Hassen ont été condamnés, chacun, à six ans de prison ferme. De son côté, le colonel Bouabdallah écope d’une peine de 7 ans de détention.

Seul Pierre Demers fera appel de ce jugement de première instance. Il est alors transféré à Constantine, capitale de l’est algérien en 2011.

C’est au cours de cette procédure qu’il dit avoir découvert le fameux « contrat d’affaires » « On va me remettre aussi, par erreur, des documents qui appartiennent à M. Si-Hassen. M. Si-Hassen et Bouabdallah, eux, ont été arrêtés au début 2009. Ils ont été perquisitionnés à leurs domiciles et la DRS va, naturellement, ramasser beaucoup de documents chez eux et on va me remettre les documents de M. Si-Hassen (…) Et là, je me demande : qu’est-ce que ce contrôleur fait (…) C’est ce document qui aurait dû être en instruction, car ce document m’innocentait », relate Pierre Demers au cours de l’émission Enquête.

« ScaTT a été victime d’un détournement de fonds »

Cette deuxième audience s’est déroulée sans représentant de l’ambassade du Canada et la Cour d’appel confirme, malgré tout, le jugement de première instance. Pierre Demers saisit alors la Cour suprême, mais sa requête a été jugée irrecevable au motif que le contrat entre Si-Hassen et Georges Dick aurait dû être versé au dossier, en première instance.

Peu de temps avant son arrestation, Pierre Demers adresse, le 10 avril 2009 un courrier à André Dubois, délégué commercial à l’ambassade du Canada à Alger dans lequel il explique : « ScaTT a été victime d’un détournement de fonds de la part de RSWI qui aurait, comme nous le soupçonnons, servi à payer des commissions à notre insu. Nous avons été informé de ces transactions en septembre 2006 par le vérificateur externe du consortium et nous n’avons jamais pu obtenir d’explication de la part de RSWI pour ces transactions douteuses ». Dans ce même courrier, il se plaint également d’une attitude déloyale du partenaire de ScaTT : « Nous éprouvons, depuis mars 2006, des difficultés avec notre partenaire d’affaire RSWI ». Rappelons que Pierre Demers a été gracié le 29 août 2012.

Virement effectué à la BNP

Selon les documents présentés lors de la même émission, un premier transfert de 350 000 dollars a été effectués le 24 mai 2005 depuis le compte HSBC Bank Canada de RSWI vers le compte de Si-Hassen domicilié à la BNP, 16 Boulevards des Italiens, à Paris, sous la référence 009L2031, mais on ne sait pas exactement par quel canal ont transité les autres 150 000 dollars pour parvenir au montant total de 500 000 dollars que se seraient partagés le colonel Bouabdallah et Hamoud Si-Hassen.

« C’est un versement qui a été fait en France, dans une banque française et on lui donne comme information que ce payement a été fait directement par RSW pour une raison administrative quelconque », explique, dans l’émission Enquête de Radio Canada, Pierre Villeneuve, le comptable du consortium en ajoutant que « RSWI s’est fait rembourser par le consortium ».

Ces éléments ayant été mis sur la place publique, il faudra, sans doute, s’attendre à des réactions des autres parties concernées. Mais en pleine période électorale pour la présidentielle du 17 avril prochain, les autorités algériennes vont sans doute différer leur éventuelle mise au points.

 Dahmane Soudani

 

Plus d’infos

Regarder l’émission de Radio Canada :

http://ici.tou.tv/enquete/S2013E21?autoplay=true

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un commentaire le “Algérie-Canada. Le dossier consortium RSWI-ScaTT : une affaire de corruption à rebondissement”

  1. guerni avril 26, 2014 à 3:50 #

    Ces sociétés canadiennes sont pires et corrompues plus que d’autres, surtout ces dernières années avec l’affaire SNC Lavalin, une autre société canadienne qui opère en Algérie depuis plus de 30 années et qui est une icône de corruption avec son premier projet en Algérie à la construction du plus grand monument algerien jamais conçu a la mémoire des martyrs qui as coûté plus que sont Budget réel . SNC Lavalin fait partie de l’histoire noire de l’Algérie, sans parler de la centrale électrique de Hajret Eneuss a Tipaza, projet réalisé par SNC Lavalin qui a coûté deux fois le prix avec des milliards de dollars détournée.

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