Tout a commencé mardi dernier, lorsque les autorités de régulation du pays sont intervenues auprès de la banque Ueno, gelant les comptes de près de 3 millions de clients ; un véritable séisme financier dans ce pays de 7 millions d’habitants, coincé entre le Brésil, l’Argentine et la Bolivie, qui déclenche une crise politique majeure.
La nouvelle a aussitôt provoqué des troubles et au milieu de la semaine, des milliers de manifestants étaient dans la rue exigeant la disponibilité immédiate de leurs épargnes et des explications compréhensibles. L’intervention musclée de la police a conduit le plus important syndicat d’enseignants du Paraguay (40 000 membres) à se joindre au mouvement et à lancer l’idée d’une grève général illimité, dès lundi.
L’idée de la destitution du président Santiago Paña est aussitôt avancée ainsi que sa traduction devant la justice en même temps que Carlos Carvallo, directeur de la banque centrale.
Jeudi, le président Peña a présenté sa démission, mais le Congrès ne l’a pas acceptée et a poursuivi la procédure de destitution. Les élus de l’opposition ont insisté pour qu’il soit démis de ses fonctions, afin d’éviter qu’il ne quitte son poste en bénéficiant d’une immunité. La procédure de destitution est conduite à termes vendredi soir.
Samedi, Nancy Salomón, procureure en chef chargée des affaires de corruption et de délits économiques a déclaré que M. Peña ferait l’objet d’une enquête pour abus de confiance et gestion à des fins personnelles. Il risque jusqu’à 20 ans de prison. Compte tenu de la nature des chefs d’accusation, les procureurs ont demandé au juge Humberto Otazu de geler les avoirs de Peña et de le placer en détention pendant le déroulement de l’enquête. Celui-ci accède à cette demande et ordonne le transfert immédiat de M. Peña dans une base militaire pendant le déroulement des investigations, afin de « garantir sa coopération ».
Dahmane SOUDANI


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