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Algérie. La nécessité d’une sortie de crise urgente

Aucune raison ne justifie l’absence de réponse aux attentes, pour le moins matures et responsables, des citoyens.  Toute tergiversation est désormais dangereuse.

Toujours pacifiques et civiques, mais plus déterminés et plus nombreux et surtout plus convaincants que jamais, ce vendredi, les Algériens ont encore battu le pavé et donné de la voix à leur cause. Parti de l’opposition à un 5emandat convoité par le président sortant Abdelaziz Bouteflika, le mouvement Salmia (pacifique) a pris conscience de sa force et du capital sympathie qu’il a engrangé en très peu de temps. À présent, il veut un changement total du régime. Les différents orateurs intervenant ça et là, au nom de cet impressionnant mouvement, avancent déjà les idées d’une deuxième république et d’un assainissement total des rouages de l’État et des services publics. 

Niet à l’ingérence

Il y a cependant deux aspects dont les Algériens ne veulent pas du tout entendre parler : la gestion de la phase transitoire par le pouvoir en place et les interventions étrangères dans leurs affaires intérieures d’où qu’elles viennent et quelle que soit leur nature. Les sécréteurs de larmes de crocodiles en sont avertis.  Leurs bilans cyniques et apocalyptiques en Irak, en Syrie et en Libye, ne plaident pas en  leur faveur. Ils sont définitivement disqualifiés.

L’idée du cinquième mandat a été vécue, par tous les Algériens comme une dérive totalitaire et une duperie offensante ; un sentiment qui a donné au mouvement un caractère unitaire. Dès les premiers instants, les jeunes, les gens simples, les retraités ont été rejoints par les cadres, les magistrats, les journalistes, les médecins … On assiste donc à une convergence de classes et de catégories sociales qui donne au mouvement un souffle, une force de frappe et de créativité hors du commun. Des leaders sur lesquels semble se porter une forme de consensus émergent également.

Nouvelle ligne de démarcation

Salmia est, aujourd’hui, confortée par des faits nouveaux. Si l’Armée est restée très discrète, voire invisible, la police, la gendarmerie et les autres services de sécurité ont, dès le départ, montré une forme de consentement discret et de fait, un code de bonne conduite fut vite instauré entre les services de sécurité et la population. Des slogans rappelant l’origine populaire des gendarmes, des policiers et des militaires sont souvent scandés, un peu partout. Durant la semaine qui vient de s’écouler, on a observé les prémices d’un basculement d’une partie importante des forces de l’ordre. D’anciens militaires ont témoigné du climat délétère qui règne au sommet de l’État. Plus marquant encore, des agents toujours en activité –policiers, douaniers…- cagoulés ou à visage découvert sont intervenus pour dénoncer les pratiques mafieuses de certaines sphères du pouvoir. Les marches de ce vendredi ont révélé que la police, la gendarmerie et même l’Armée ont commencé à basculer du côté de la grogne populaire. En effet, durant cette journée, les prises de vue et autres vidéos provenant des quatre coins de l’Algérie, montrent des véhicules anti-émeutes sur lesquels étaient jonchés des manifestants dans une ambiance bon enfant, des policiers tirant des coups de feu en l’air, au milieu d’une foule en liesse ou encore tout simplement des policiers battant le pavé. La ligne de démarcation est en  train de bouger.

Situation périlleuse

L’état major de l’Armée aurait positionné des troupes d’élite dans une caserne de la capitale, mais si l’ordre de réprimer les populations était donné, il n’est pas du tout certains qu’il serait exécuté. Plusieurs éléments, encore en cours de vérification viennent étayer cette hypothèse.

Les populations sont tout a fait conscientes qu’un affaiblissement, même mineur des institutions du pays pèserait lourdement sur le destin collectif, mais leur détermination est sans faille. Les tentatives de maintien du régime actuel et de retour aux pratiques anciennes sont désormais une option très hasardeuse et qui relève d’un amateurisme politique suicidaire. 

L’équation est donc la suivante : il est acquis que le peuple ne reculera pas. En face, l’armée et la haute administration ne peuvent se permettre ni fissure institutionnelle, ni rupture dans la chaine de commandement induites par un entêtement insensé ou par les tentations de parvenir au pourrissement de la situation. Ça serait périlleux pour le pays et sa stabilité. C’est d’autant plus évident, que du côté de l’Hexagone, toute honte bue, des féodalités de la République s’arrogent le droit d’appeler les manifestants à « détruire de l’État algérien ». 

La seule perspective salutaire et urgente dans l’état actuel des choses est l’ouverture totale du champ démocratique en confiant la phase de transition à un collectif personnes intègres qui bénéficient la confiance de la population et qui ont le souci des intérêts suprêmes du pays. La politique de l’autruche, n’est plus de mise. Elle n’est pas adaptée à la situation.

Dahmane SOUDANI

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