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Les voies d’accès au pouvoir en France/Les guerres de religion

Sauf à provoquer des désastres irréparables et d’immenses malheurs, les guerres de religion ne mènent à rien. Peut-être une leçon à tirer pour ce qui se passe, aujourd’hui, sous nos yeux.

Dans notre dernier article de la série les voies d’accès au pouvoir en France, nous avions signalé que Louis XII (1467-1515) avait réorganisé la justice et ordonné l’institution juridictionnelle dénommée le Grand Conseil. Ce monarque issu de la deuxième maison princière capétienne d’Orléans avait également réorganisé les impôts dont il réussit à réduire la pression avant de les augmenter durant les dernières années de son règne. Louis XII reprend la guerre contre l’Italie, mais le conflit tourne mal pour lui. Conjugué à d’autres éléments de sa politique extérieure, cette guerre l’oblige à recourir à des expédients de ressources comme les emprunts, les liquidations des biens du domaine…

Le hasard faiseur de roi

 Reste que Louis XII qui avait épousé Anne de Bretagne alors veuve de son prédécesseur ne put avoir de descendance mâle. En dépit d’un mariage à la hâte, après la mort de celle-ci, le 9 janvier 1514, avec Marie d’Angleterre (1496-1533), la sœur du roi Henri VIII, rien n’y fait. Et c’est par un concours de circonstance extraordinaire et riche en rebondissements que François d’Angoulême, futur François 1er, roi de France, petit-fils d’un cadet de la branche cadette des Valois qui plus est orphelin de père dès l’âge de deux ans, se trouvera hissé au destin inespéré de roi de France, pays, à l’époque, le plus peuplé d’Europe -18 à 19 millions d’habitants-. Contraint et forcé, Louis XII, maria sa sœur Claude de France -héritière du duché de Bretagne et initialement promise au futur Charles Quint- à l’étoile montante qui devait assurer la continuité du régime.

Après avoir perdu l’élection impériale –Saint Empire romain germanique- en juin 1519, en dépit d’énormes dépenses estimées à 400 000 écus d’or, face à Charles de Habsbourg (Charles V ou encore Charles Quint), François 1er (1494-1547) relance la guerre d’Italie, dès 1521. Mais malgré les désastres de Pavie –en Lombardie, au cours duquel le roi est capturé et emprisonné en même temps que ses deux fils-, le 24 février 1525 et Landriano, en juin 1529, les pertes territoriales ne furent pas très significatives. François 1er ne sera libéré qu’après avoir signé, le 14 janvier 1526, le traité de Madrid par lequel il s’engagea à restituer ou à renoncer à certaines prétentions territoriales. On lui attribue la formule « Tout est perdu, fors l’honneur » (avec préposition à usage rare), utilisée dans un message qu’il aurait envoyé, après sa défaite, à sa mère, Louise, de Savoie duchesse d’Angoulême, régente du royaume.

Le français, langue officielle

 Le roi prend alors des mesures pour moderniser ou adapter les voies de communication, encourage l’industrie, entreprend des constructions prestigieuses et supprime les obstacles à la circulation des marchandises comme les péages seigneuriaux abusifs, la sécurité des marchands…

Amoureux des lettres et des arts –pas seulement diront les mauvaises langues ! en ajoutant ; en témoigne la liaison avec la belle Ferronnière et une vingtaine d’autres favorites-, il durcit progressivement la répression contre les protestants, essentiellement après le concordat de Bologne –signé à Rome le 18 août 1516- au terme duquel la monarchie obtint la jouissance des bénéfices ecclésiastiques.

François 1er fait du français la langue officielle du pays (articles 110 et 111 de l’ordonnance de Villers-Cotterêts, prise par le souverain en août 1539). À cette date, l’usage du français était courant, mais tous les actes officiels étaient encore en latin. La langue de Molière connaîtra alors une propagation vertigineuse. Au XVIII siècle Catherine de Russie (1729-1796), une amie de Diderot parlait français. De son côté, Frédérique II de Prusse (1712-1786), ami de Voltaire parlait, lui aussi, français. Quelques décennies après l’ordonnance de 1539, de grandes plumes comme Corneille, Jean de la Fontaine, Molière, Racine, Marie-Jeanne L’Héritier de Villandon, Charles Perrault, Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, Marie-Catherine Le Jumel de Barneville, baronne d’Aulnoy…, font leur entrée sur la scène littéraire française

L’usage courant d’une langue, ne veut pas dire sa généralisation. Ainsi, il est rapporté qu’à la veille de la Révolution française de 1789, les trois quarts de la population française parlaient une autre langue ou un dialecte.

Catherine de Médicis, une abolitionniste avant l’heure

 À sa disparition en 1547, François 1er laisse un pays économiquement prospère, mais sérieusement menacé par le schisme religieux. Son deuxième fils Henri II (1519-1559) mène une politique intérieure plutôt musclée. Il met fin aux guerres d’Italie, mais organise la persécution des protestants. Les guerres de religion (1562 à 1598) débutent avec son règne. À sa mort, Henri II laisse un héritier, à peine âgé de 5 ans en la personne de François II. Sa trop grande proximité de la maison Guise, la branche cadette de la maison de Lorraine, connu pour son aversion envers les protestants, place François II sous la coupe de ce groupe d’où la Conjuration d’Amboise de mars 1560, visant à enlever le jeune roi pour l’extraire à l’influence de cette dynastie. La conjuration échoue et ses auteurs sont exécutés.

François II meurt très jeune, à l’âge de 16 ans. Son frère Charles IX (1550-1574) lui succéda, mais sa mère Catherine de Médicis (1519-1589) décide de prendre les choses en main et soustrait le nouveau roi à toute forme d’influence partisane (passions confessionnelles). Elle assure alors la régence et continue à exercer le pouvoir même à la majorité du nouveau roi. Elle s’appuie sur le magistrat et chancelier de France, Michel de l’Hospital (1505-1573) pour imposer l’édit de Romorantin (mai 1560) qui atténue les persécutions contre les protestants. Ayant obtenu les pleins pouvoirs aux états-généraux d’Orléans qui ont suivi la mort de François II, elle en profita pour abolir la peine de mort pour hérésie et autorise les prêches dans les maisons privées. En ce sens, elle est l’inspiratrice de la politique que suivra le tiers parti (parti alternatif), celui des « politiques », et qui triomphera sous Henri IV.

Cela dit, à son corps défendant, Catherine de Médicis n’a pu empêcher les jusqu’au-boutistes d’en découdre. Après le massacre de Wassy en Haute-Marne en 1562, le royaume connaitra alors plusieurs années de guerres civiles appelées guerres de religion. Les violences atteignent leur paroxysme avec le massacre de la Saint Barthélémy le 24 août 1572. Charles IX meurt à l’âge de 24 ans sans laisser de descendance mâle.

Un roi protestant !

Son frère Henri III (1551-1589) monte sur le trône. Celui-ci est d’abord roi de Pologne depuis le 11 mai 1573. À la mort de Charles IX, il rentre en France le 6 septembre 1574 et est sacré à Reims le 13 février 1575. Contrairement à son frère, il a le souci des affaires de l’État et gouverne par lui-même. Il règne sur une cour fastueuse, mais dominée par des querelles de clans. Il devait composer avec les protestants et avec son frère cadet François qui, à plusieurs reprises, avait levé les armes contre lui. La mort de celui-ci, en 1584 fit du protestant Henri de Navarre, futur Henri IV (1553-1610), , l’héritier légitime du trône et provoqua un conflit entre le roi et les ligueurs catholiques qui refusent cette situation. Acculé par les ligueurs et chassé de Paris, Henri III réunit les États-Généraux en 1589 et y fit assassiner l’aristocrate catholique et lorrain (l’un des acteurs de la St-Barthélémy) Henri de Guise, l’instigateur des conflits. La ligue réagit en prononçant la déchéance du roi. Sans descendance, il cherche à s’allier à Henri de Navarre quand il est assassiné par Jacques Clément, le 1er août 1589. Ainsi s’éteignit la dynastie de Philippe de Valois.

Dahmane SOUDANI

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