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France. Les motions censure : des périssoires de survie politique.

Aussi bien la droite que la gauche savent qu’aucune de leurs motions de censure n’a de chance d’aboutir.

Il fallait deux voix de plus pour que la motion de censure dite de gauche, contre le gouvernement Valls, puisse être déposée. Il y avait 56 signatures alors que 58 étaient nécessaires pour lancer la procédure contre le recours au dispositif 49.3 pour faire adopter la loi Travail. Parmi les députés de gauche, certains ont, sans doute voulu en finir avec ce gouvernement de la régression sociale, mais parmi les signataires, il y en avait qui trainaient les pieds. Il se dit même que certains parlementaires avaient apposé leurs griffes parce qu’ils savaient pertinemment que le compte n’y était pas.

En tout état de cause, même si la procédure avait été engagée, elle n’aurait eu aucune chance d’aboutir, dans la mesure où la droite avait déjà annoncé qu’elle ne votera pas la motion de gauche. Or, il faudra la majorité absolue pour faire tomber le gouvernement.

Demain, jeudi, ce sera au tour de la droite de présenter sa propre motion, mais mis à part le Front de gauche, les autres députés de gauche, y compris ceux qu’on appelle les frondeurs, clament haut et fort qu’ils ne veulent pas s’y associer.

Impostures !

Sur ce point précis, aussi bien la position de la gauche que celle de la droite ne sont que des impostures. Pour recourir à la motion de censure, il faudrait que les actes du gouvernement soient suffisamment graves au point où la réplique doit transcender les appartenances politiques.

Droite comme gauche savent donc clairement qu’aucune des deux motions n’avait et n’aura de chance d’aboutir et agissent en pleine connaissance de cause.

En réalité, la droite se délecte de la situation. Elle sait que Manuel Valls mène une politique de droite et que le moment venu, elle récoltera les fruits du mécontentement de l’électorat de gauche.

Racolage électoral

De leur côté, la plupart des signataires de la motion de gauche n’avaient aucun intérêt à avoir une opposition frontale avec la direction du PS. D’un côté leur action d’alerte n’était pas grave au point d’être opposable à leur investiture pour les prochaines législatives, de l’autre, elle leur permet de se dédouaner par rapport à leur électorat. « Vous avez vu hein ! on a failli faire tomber ce gouvernement, cause de tous vos malheurs», iront-ils claironner dans leurs fiefs respectifs.

Comme dans tout système, les frondeurs ne sont ni plus, ni moins qu’une sorte disfonctionnement contrôlé et nécessaire à une entité confrontée à un environnement hostile.

Ces motions qui consistent à dire : nous, on veut faire tomber le gouvernement, mais sans nous allier à personne, ne sont que des gesticulations électoralistes qui n’aboutiront à rien d’autre qu’à récupérer le mécontentement populaire et racoler des voix en l’absence d’objectifs politiques clairs et totalement assumés.

Dahmane SOUDANI

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