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Environnement. Paris au chevet du climat

La mise en place de mesures contraignantes en vue de la limitation à 2°C du réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle reste mission difficile, mais pas impossible.

Si on ne change pas tous, individuellement et collectivement, c’est réalité brûlante qui nous attend (photo Dahmane Soudani)

Si on ne change pas tous, individuellement et collectivement, c’est réalité brûlante qui nous attend (photo Dahmane Soudani)

Une soixantaine de ministres se retrouvent, ce dimanche, à Paris pour préparer la 21e conférence sur les changements climatiques (COP 21) qui se tiendra, du 30 novembre courant au 11 décembre prochain, au parc des expositions Le Bourget, en région parisienne. Identification des responsabilités et des capacités des différents pays, capacités des États à concrétiser les mesures qui seront prises, aides financières à apporter aux pays les plus vulnérables à partir de 2020 et actions concrètes à engager immédiatement, sont au menu de la pré-cop de ce dimanche ; une sorte de répétition générale de la COP21.

100 milliards pour rester dans la banlieue des températures de l’ère préindustrielle

Le rendez-vous parisien est une étape de la concrétisation de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) adoptée par 154 États, à l’issue du sommet de la Terre, organisé à Rio de Janeiro en 1992 et entrée

Des zones désertifiées et des territoires engloutis par les eaux, il faudra, à tout prix, éviter ce scénario (photo Dahmane Soudani)

Des zones désertifiées et des territoires engloutis par les eaux, il faudra, à tout prix, éviter ce scénario (photo Dahmane Soudani)

en vigueur le 21 mars 1994. Le principal objectif de la COP 21 consiste à prendre des mesures concrètes et contraignantes visant à maintenir le réchauffement climatique sous la barre de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle (autour de 1850) d’ici la fin du siècle. La limitation des émissions de gaz à effet de serre (GES) représente le principal levier de transformation de cet essai. Pour donner à cet objectif un caractère réaliste et opératoire, la Conférence des parties sur les changements climatiques devra mettre sur la table la coquette somme de 100 milliards de dollars provenant contributions étatiques, d’organisations internationales et du secteur privé et destinée à aider les pays les plus démunis à suivre le rythme de mise en place des politiques appropriées.

Les pollueurs veulent rectifier le tir

Éviter que nos paysages deviennent des territoires de lamentations (photo Dahmane Soudani)

Éviter que nos paysages deviennent des territoires de lamentations (photo Dahmane Soudani)

Outre l’Union européenne, 195 pays adhèrent à la CCNUCC et qui en toute logique, devraient être représentés au sommet du Bourget. Or à ce jour, seuls 155 États, responsables, malgré tout de 87% des émission des GES, ont déjà transmis leurs engagements à l’ONU. Signe encourageant, parmi ces pays on retrouve ceux qui polluent le plus, comme la Chine 10 684,29 millions de tonnes de CO2 et responsable de 23,20% des émissions mondiales, les Etats-Unis, 5 822,87 Mt CO2 (12,64%), l’Inde, 2 887,08 Mt CO2 (6,27%), la Russie, 2 254,47 Mt CO2 (4,90%), l’Indonésie, 1981 Mt CO2 (4,30%) et le Brésil, 1 823 Mt CO2 (3,96%). À eux seuls, ces six nations représentent 55,3% des émissions de C02.

En matière d’émissions de GES, la France, pays d’accueil de la COP 21 fait plutôt figure de bon élève. À 432 Mt CO2, elle n’est responsable que 0,94% des rejets. Paris inscrit, par ailleurs, son objectif de réduction des émissions dans le cadre du programme de l’Union européenne, soit une réduction de 40% d’ici 2030 par rapport au volume de 1990.

Un pari difficile, mais pas irréaliste

Il faut, en outre, compter sur le volontarisme et l’enthousiasme de l’Amérique de Barack Obama, soucieuse d’effacer le refus récurrent de l’administration Bush de tout accord contraignant et partant de la ratification du protocole de Kyoto (1997) ; une belle revanche de Bill Clinton qui en son temps s‘était fait censurer par le sénat à propos de la ratification des accords de Kyoto

En dépit de toutes ces bonnes volontés, les engagements déjà déposés auprès des Nations unies ne permettent, malheureusement, pas de limiter le réchauffement à 2°, mais plutôt à 2,7 voire à 3°. La tâche est donc difficile, mais la réalisation de l’objectif de 2% n’est, malgré tout, pas impossible. En effet dans leurs propositions beaucoup de pays font part de réductions plus importantes en cas d’aides financières internationales.

Rappelons pour mémoire que selon le secrétariat de la CCNUCC, au lieu de baisser leurs émissions de GES de 5,2% sur la période de 1990 à 2010, comme le prévoyait l’accord de Kyoto, les pays développés ont vu leurs rejets augmenter de 10,6%. Par ailleurs, l’échec de la conférence de Copenhague, il y a six ans, est encore dans toutes les mémoires.

Dahmane Soudani

Repères

Les pays d’Afrique du Nord rejettent moins de CO2 que la Pologne

En Amérique du Nord, outre les Etats-Unis, le Canada est responsable de 1,86% des émissions et le Mexique de 1,63%.

En Afrique du Nord, c’est l’Algérie qui pollue le plus. À 189,08 Mt CO2, ce pays est responsable de 0,41% des émissions mondiales, suivie du Maroc 72,51 Mt CO2 (0,16%), la Tunisie 30,7 Mt CO2 (0,07%) et la Mauritanie 11,16 Mt (0,02%). Reste que ces quatre pays réunis rejettent moins de CO2 que la Pologne. Au même titre que l’Arabie Saoudite, la Libye n’a pas encore transmis ses engagements.

On ne dispose pas encore de données récentes et précises sur le Nigéria et l’Égypte, mais dans l’État actuel des choses, c’est l’Afrique du Sud qui est le premier pollueur du continent africain (436 Mt CO2 et 0,95% des émissions mondiales).

Historique des Conférences des parties dédiées aux changements climatiques

– 1995. Conférence de Berlin (COP1)

– 1997. Conférence de Genève (COP2)

– 1997. Protocole de Kyoto (COP3)

– 1998. Conférence de Buenos Aires (COP4)

– 1999. Conférence de Bonn (COP5)

– 2000. Conférence de la Hague, complétée par la Conférence de Bonn en 2001 (COP6)

– 2001. Conférence de Marrakech (COP7).

– 2002. Conférence de Delhi (COP8).

– 2003. Conférence de Milan (COP9).

– 2004. Conférence de Buenos-Aires (COP10).

– 2005. Conférence de Montréal (COP11).

– 2006. Conférence de Poznan (COP12).

– 2007. Conférence de Bali (COP13).

– 2008. Conférence de Poznan (COP14).

– 2009. Conférence de Copenhague (COP15).

– 2010. Conférence de Cancun (COP 16).

– 2011. Conférence de Durban (COP17).

– 2012. Conférence de Doha (COP18).

– 2013. Conférence de Varsovie (COP19).

– 2014. Conférence de Lima (COP20).

– 2015. Conférence de Paris (COP21)

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