À propos de l’article

Information sur l'auteur

Continuous news from both sides of the Atlantic

État Islamique. La Turquie entre en guerre

Ankara lance des opérations militaires contre Daech, mais pourrait avoir des objectifs inavoués.

Après avoir conclu, cette semaine, un accord avec Washington permettant à la coalition dirigée par les Etats-Unis d’utiliser certaines de ses bases pour mener des opérations dans le nord de la Syrie et en Irak, la Turquie de Recep Tayyip Erdogan, s’implique directement et lance des opérations terrestres et aériennes dans les zones de combat. L’accord permettant à la coalition d’utiliser des bases turques a été conclu, jeudi dernier, suite à une communication téléphonique entre le président américain Barack Obama et le président Erdogan. Les attaques turques ont débuté vendredi et se poursuivront, selon les responsables de ce pays, tant que des menaces pèsent sur sa sécurité. Erdogan assigne ainsi à son engagement des objectifs différents de ceux, d’ailleurs pas très clairs, de la coalition.

Jusqu’à ces dernières semaines, l’action d’Ankara était guidée par sa seule obsession de faire tomber le président Assad –faisant abstraction de la sécurité de la Syrie- quitte à s’allier au diable en personne. Elle s’est rendue compte, à ses dépends, au même titre de son acolyte saoudien, de l’effet de boomerang de son amateurisme politique. Non seulement l’organisation État islamique a commencé à avoir une assise populaire dans le pays, mais elle ne se prive même plus d’y mener des opérations comme celle du 20 juillet dernier qui a eu pour théâtre la ville de Suruç et qui a, malheureusement, fauché la vie de 32 innocents.

Volte-face tardive 

Jusqu’à ces derniers mois, la Turquie faisait preuve d’un laxisme troublant à l’égard des extrémistes qui transitaient par son territoire pour aller combattre en Syrie et en Irak. Cela ne dédouane point les pays, pourvoyeurs du crime, dont sont originaires ces fanatiques.

Le revirement d’Ankara est également lié aux récentes évolutions politiques dans la région. Sous l’impulsion du président russe Vladimir Poutine, une rencontre qui, jusqu’à ces derniers mois, relevait du domaine de l’impossible, a eu lieu le 5 juillet dernier, entre le ministre saoudien de la défense, Mohamed ben Salmane et une personnalité syrienne de haut rang. Menacée, à son tour, d’implosion, sous l’effet de plus en plus évident de l’État Islamique, le Royaume Wahhabite voudrait, semble-t-il, lâcher cette organisation et cesser toute implication dans la déstabilisation de la Syrie, rejoignant ainsi la position de l’Algérie et de l’Égypte, les deux autres poids lourds du monde arabe.

Rappelons que le président Russe avait successivement reçu Mohamed ben Salmane et le ministre syrien des affaires étrangères, Walid al-Mouallem, les 19 et 29 juin derniers. À cet effet la volte-face turque peut s’avérer tardive à défaut de manquer de sincérité.

Tags:, , , , , , , , , , , , , ,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :