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France. Le vote de confiance au gouvernement Valls II: réelle prise de risque ou mise en scène pour canaliser le mécontentement autour d’une aile du PS

Le vote de confiance d’avril dernier où l’on n’avait enregistré que 11 abstentions sur une centaine de « frondeurs » déclarés au départ, l’approbation, au cours du même mois du plan d’économie de 50 milliards ou encore l’adoption en juillet de la réforme ferroviaire et du budget rectificatif de la sécu ouvrant la voie à la mise en place du pacte de responsabilité, ont montré que les opposants PS, à la politique menée par le couple Hollande-Valls, peuvent, à tour de rôle, se montrer très conciliants. En fait, il ne se dégage aucune volonté de rupture. Personne n’ira jusqu’à dire qu’en lieu et place d’une Europe idéologique –inspirée par des dogmes-, il faudra instaurer une Europe institutionnelle –qui fixe et contrôle les règles de fonctionnement des institutions – Pourtant, lors de l’interview accordée au journal Le Monde, le 23 août dernier, Arnaud Montebourg, n’était pas très loin de ce constat. « Nous ne pouvons plus nous laisser faire. Si nous devions nous aligner  sur l’orthodoxie la plus extrémiste de la droite allemande, cela (…) signifierait que, même quand les Français votent pour la gauche française, en vérité ils voteraient pour l’application du programme de la droite allemande », déplore l’ancien ministre de l’Économie

Ce jeu interne au PS, montre que la situation est sous contrôle et qu’à moins d’un accident de parcours, le risque de censure est quasi-nul. Il prouve également que plus que « les députés frondeurs » qui veulent se donner une image de résistants en vue de prendre la relève dans le cas où il viendrait Manuel Valls trébucher, ce sont plutôt les mouvements sociaux et les bulletins de vote qui font peur en haut lieu. Il y a fort à parier que demain, mardi le gouvernement Valls II aura la confiance de la quasi-totalité des députés socialistes.

 

 

 

Rappel des faits

Le 31 mars 2014 Jean Marc Ayrault, Premier ministre depuis le 15 mai 2012, présente sa démission au président François Hollande qui l’accepte. Le lendemain, Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur est nommé à Matignon. Début avril, Manuel Valls constitue son gouvernement composé de 16 ministres et complété une semaine plus tard par 14 secrétaires d’État. Les portefeuilles de l’Économie sociale et solidaire et à la Lutte contre l’exclusion disparaissent dans le décor de l’inconnu. Le 8 avril, il se retrouve devant l’Assemblée nationale pour un vote de confiance. Il obtient 306 voix sur 545 votes exprimés. Seuls onze députés socialistes se sont abstenus.

Entre avril et juillet 2014, le plan d’économie de 50 milliards d’euros, la réforme ferroviaire et le processus de validation du Pacte de responsabilité sont adoptés

Les 23 et 24 août, Arnaud Montebourg alors ministre de l’économie et Benoît Hamon, ministre de l’Éducation nationale appellent à un changement de cap.

« Nous devons apporter  des solutions alternatives. (…). Il faut donner  la priorité à la sortie de crise et faire passer au second plan la réduction dogmatique des déficits, qui nous conduit à l’austérité et au chômage », plaide Arnaud Montebourg, le 23 août 2014 sur les colonnes du journal Le Monde. Le lendemain, à la fête de la rose à Frangy-en-Bresse en Saône-et-Loire, il enchaine : « J’ai demandé et sollicité du président de la République une inflexion majeure de notre politique économique. Après avoir aidé les entreprises à se redresser. Il me paraît indispensable désormais, également de soutenir le pouvoir d’achat des ménages et des familles. Car l’économie marche sur deux jambes : la demande et l’offre. J’ai donc proposé de rendre, aux Français, une plus grande partie des économies que nous avons prévu de réaliser ; c’est ce que j’appelle la règle des trois tiers : un tiers au soutien de la compétitivité des entreprises, c’est déjà le cas ! un tiers et non plus trop à la réduction des déficit et un tiers sous forme de baisse d’impôt pour les ménages, pour permettre le redémarrage de notre économie ».

Le 24 août sur les colonnes du quotidien Le Parisien Benoit Hamon, ministre de l’Éducation nationale enfonce le clou en déclarant : « La relance de la demande est la condition de la réussite de la politique de l’offre qui a été faite depuis deux ans. On ne peut rien vendre aux Français s’ils n’ont pas des revenus suffisants ». Il abonde en ajoutant : « Arnaud et moi ne sommes pas loin des frondeurs, mais notre problème n’est pas d’en prendre la tête. Notre volonté est d’être au service d’un rassemblement de la gauche et de peser au sein du gouvernement. »

Le 25 août 2014, après 147 jours, « le gouvernement de combat » tombe. Manuel Valls présente la démission de son équipe. Le même jour, le président François Hollande lui demande de constituer un nouveau cabinet. Opposant le devoir de responsabilité au devoir de solidarité, Aurélie Philippetti (Verte, puis socialiste), ministre de la Culture écrit au président de la République pour lui signifier qu’elle n’était pas candidate à un nouveau poste ministériel.

Le 26 août, la composition du gouvernement Valls II est rendue publique. Il se compose de 16 ministres et de 17 secrétaires d’État. Deux secrétariats d’État sont chargés des Personnes handicapés et de la lutte contre l’exclusion et de la Famille, des personnes âgées et de l’autonomie.

11 septembre Paris Match fait sa « une » avec une photo d’Arnaud Montebourg et d’Aurélie Philippetti menant une vie de couple, en Californie. Un voyeurisme qui résonne comme un règlement de compte. Les deux anciens ministres poursuivent l’hebdomadaire en justice pour « atteinte à la vie privée ».

Le 15 septembre 2014, la veille du vote de confiance au gouvernement Valls II, le quotidien Le Monde rapporte qu’en privé, le chef du gouvernement aurait confié : « Si d’ici trois à six mois, la situation ne s’est pas inversée, ce sera foutu ».

 

 

 Les députés « frondeurs » par filiations

Un Monde d’avance de Benoît Hamon

  • Pouria AMIRSHAHI. Député de la 9e circonscription des Français de l’étranger
  • Fanélie CARREY-CONTE. Députée de la 15e circonscription de Paris
  • Nathalie CHABANNE. Députée de la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques
  • Pascal CHERKI. Député de la 11e circonscription de Paris
  • Jean-Pierre DUFAU. Député de la 2e circonscription des Landes
  • Henri EMMANUELLI. Député de la 3e circonscription des Landes
  • Linda GOURJADE. Députée de la 3e circonscription du Tarn
  • Mathieu HANOTIN. Député de la 2e circonscription de la Seine-Saint-Denis
  • Christophe LEONARD. Député de la 2e circonscription des Ardennes
  • Michel POUZOL. Député de la 3e circonscription de l’Essonne
  • Denys ROBILIARD. Député de la 1re circonscription du Loir-et-Cher
  • Barbara ROMAGNAN. Députée de la 1re circonscription du Doubs
  • Gérard SEBAOUN. Député de la 4e circonscription du Val-d’Oise
  • Stéphane TRAVERS. Député de la 3e circonscription de la Manche

 

Maintenant la gauche d’Emmanuel Maurel

  • Jérôme GUEDJ. Député de la 6e circonscription de l’Essonne
  • Suzanne TALLARD. Députée de la 2e circonscription de la Charente-Maritime

 

La Gauche populaire de Laurent Beaumel

  • Christian ASSAF. Député de la 8e circonscription de l’Hérault
  • Laurent BAUMEL. Député de la 4e circonscription d’Indre-et-Loire

 

Les non-affiliés

Serge BARDY. Député de la 6e circonscription de Maine-et-Loire

Delphine BATHO. Députée de la 2e circonscription des Deux-Sèvres.

Philippe BAUMEL. Député de la 3e circonscription de Saône-et-Loire

Isabelle BRUNEAU. Députée de la 2e circonscription de l’Indre

Kheira BOUZIANE. Députée de la 3e circonscription de la Côte-d’Or

Dominique CHAUVEL. Députée de la 10e circonscription de la Seine-Maritime

Jean-Pierre BLAZY. Député de la 9e circonscription du Val-d’Oise

Florence DELAUNAY. Députée de la 1re circonscription des Landes

Hervé FERON. Député de la 2e circonscription de Meurthe-et-Moselle

Richard FERRAND. Député de la 6e circonscription du Finistère

Jean-Patrick GILLES. Député de la 1ère circonscription d’Indre-et-Loire

Daniel GOLDBERG. Député de la 10e circonscription de la Seine-Saint-Denis

Edith GUEUGNEAU. Députée de la 2e circonscription de Saône-et-Loire

Chaynesse KHIROUNI. Députée de la 1re circonscription de la Meurthe-et-Moselle

Arnaud LEROY. Député de la 5e circonscription des Français établis hors de France.

Kléber MESQUIDA. Député de la 5e circonscription de l’Hérault

Franck MONTAUGE. Député de la 1re circonscription du Gers

Pierre-Alain MUET. Député de la 2e circonscription du Rhône

Philippe Noguès. Député de la 6e circonscription du Morbihan.

Catherine TROALLIC. Députée de la 8e circonscription de la Seine-Maritime

Paola ZANETTI. Députée de la 7e circonscription de la Moselle

 

Le PS incarne aussi un courant aubryiste (en référence à Martine Aubry ancienne secrétaire nationale du parti et actuelle maire de Lille).

On y retrouve notamment :

– Jean-Marc Germain, Christian Paul et Daniel Goldberg qui ont voté contre le pacte de responsabilité et Audrey Linkenheld, Gwenegan Bui, Olivier Dussopt, Christophe Borgel qui, eux, ont voté pour la Pacte.

 

En rouge, les députés qui se sont abstenus lors du vote de confiance du 8 avril 2014. En vert, député aubryiste

 


Résultat du vote de confiance du 8 avril 2014

(En application de l’article 49, alinéa premier, de la Constitution)

 

Nombre de votants : 571

Suffrage exprimé : 545

Majorité absolue : 273 (par rapport au suffrage exprimé)

Pour l’adoption : 306

Contre : 239

 

Groupe socialiste, républicain et citoyen : 291

Pour : 279

Abstention 11

Non votant : Claude Bartolone, Président e l’Assemblée nationale

 

Groupe Union pour un mouvement populaire : 199

Contre : 197

Abstention : 1 (Jacques Alain Bénisti)

Non-votant 1 (Jean-Luc Moudenc). Jean-Luc Moudenc (3e circonscription de Haute-Garonne) qui était présent au moment du scrutin ou qui avait délégué son droit de vote a fait savoir qu’il avait voulu « voter contre »

 

 

Groupe Union des démocrates et indépendants : 30

Contre : 23

Abstention : 3

Non-votants : 4

 

Groupe écologiste : 17 députés

Pour 10

Contre 1. (Isabelle Attard)

Abstention : 6 (Laurence Abeille, Michèle Bonneton, Christophe Cavard, Sergio Coronado, Noël Mamère et Eva Sas)

 

Groupe radical, républicain, démocrate et progressiste : 17 députés

Pour : 14

Abstention : 3

 

Groupe de la gauche démocratique et républicaine : 15 députés

Pour : 2

Contre : 12

Abstention : 1

 

Non inscrits : 8 députés

Pour : 1

Contre : 6

Abstention 1

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