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L’Ukraine fait les frais de confrontations géostratégiques

L’Ukraine vole en éclats et l’économie mondiale en pâtit.

 Les oblasts ou régions de Donetsk (4,402 millions d’habitants) et de Lougansk (2,257 millions d’habitants) ont proclamé, hier –dimanche- leur indépendance de l’Ukraine. À elles seules, ces deux régions totalisant 6,658 millions d’habitants, soit 14,64% la population de l’Ukraine qui est de 45,59 millions d’âmes. Et on apprend à l’instant que La république de Donetsk demande déjà son rattachement à la Russie ; une démarche qui sera, sans doute, suivie par celle de la région de Lougansk.

La fin du monde unipolaire ?

Tout le monde pensait que le drame de l’Ukraine allait se terminer avec le rattachement référendaire de la Crimée à la Russie. Hélas non ! Il se trouve qu’à son corps défendant, ce pays se situe dans une zone de fracture géopolitique entre les partisans d’un monde unipolaire et ceux qui veulent donner un coup d’arrêt à cette évolution générée par l’effondrement de l’ex-URSS. « Comme un miroir, la situation en Ukraine reflète ce qui se passe et ce qui s’est passé dans le monde au cours des dernières décennies. Depuis la dissolution de la bipolarité sur la planète, nous n’avons plus de stabilité. Les principales institutions internationales ne se sont pas renforcées ; au contraire, dans de nombreux cas, elles se sont gravement dégradées (…) Mais il y a une limite à tout. Et avec l’Ukraine, nos partenaires occidentaux ont dépassé les limites, en jouant les durs et en agissant de façon irresponsable et non professionnelle », déclarait le président Vladimir Poutine, le 18 mars dernier. En dépit de son pragmatisme et de sa réserve, la Chine partage le constat sur les conséquences d’un monde unipolaire. En témoigne son véto à propos de la Syrie. Mais, à maintes reprises, se référant au droit international, le président russe a déclaré qu’il ne peut y avoir de recours à l’usage de la force que dans les cas de légitime défense ou suite à une décision du Conseil de sécurité. À moins que la dernière révélation du journal allemand Bild am Sonntag, sur la présence en Ukraine, de 400 mercenaires étrangers ne change la donne.

Cela dit, la déclaration d’indépendance des régions de Donetsk et de Lougansk rend prématurément caduque la décision de Kiev d’organiser des élections présidentielles le 25 mai prochain. Ainsi l’Ukraine ne basculera pas dans le camp occidental par la décision d’un pouvoir légitime et Moscou ne sera pas obligée de recourir à la force pour empêcher une telle évolution. Cela évitera également à l’Europe bien pensante de se sentir offensée par la présence de la partie la plus indésirable des Ukrainiens – généralement les plus pauvres-, comme ce fut le cas pour les Roms de certains des ex-pays de l’Est, condamnés par des voix autorisées à une inaptitude lignéale de faire ce le commun des mortels peut entreprendre.

Conséquences économiques incalculables

Reste que de leur côté, les partisans des sanctions se sont pris à leurs propres pièges. Par la voix de Christine Lagarde, le FMI vient de tirer la sonnette d’alarme. Désormais les pertes des entreprises occidentales se chiffrent par milliards de dollars. La mise en place du NSPK, le système russe de cartes de paiement va couter très cher aux émetteurs historiques de cartes bancaires. Sur les seules bases de craintes de sanctions économiques, les pertes, sur le marché russe, du Danois Carlsberg se chiffrent déjà à 12,5 millions de dollars. Faut-il encore rappeler qu’en 2013, Danone, le géant français de l’agroalimentaire, avait engrangé plus de bénéfices en Russie qu’en France.

Par ailleurs, des experts russes, comme l’académicien Youri Judenkov, soufflent à l’oreille du président Poutine la nécessité d’une réorientation stratégique de la coopération en direction des pays émergeants et d’une plus grande indépendance vis à vis des fournisseurs occidentaux. Selon le professeur Judenkov, cité par les média russes, ce désengagement devra d’ailleurs s’articuler autour de trois axes : l’indépendance de fonctionnement du flux financier, le retour à l’autosuffisance en biens d’équipement et la production, en Russie, des technologies pointe, nécessaires à l’économie du pays.

 

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