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« Garder un œil sur l’Algérie »

C’est le titre d’une tribune publiée, ce mardi par The New York Times et signée de Geoff D. Porter, professeur assistant au Centre de lutte contre le terrorisme à l’Académie militaire de Etats-Unis à West Point dans l’État de New York. Le texte de l’expert militaire s’articule autour de la stabilité de l’Algérie et de la candidature du président sortant Abdelaziz Bouteflika.

 « Bien qu’il soit dans la course en vue sa réélection pour un quatrième mandat, le 17 Avril, M. Bouteflika a été, rarement vu en public au cours des 12 derniers mois. Dans la plupart des cas, il s’agissait d’extraits vidéo. On le montre en robe de chambre dans un hôpital parisien, où il a été traité pour un accident vasculaire cérébral, une rencontre avec son Premier ministre et chef d’état-major. Une autre le montre dans un cortège à Alger, son bras droit rigide, levé, dans une tentative maladroite de saluer. Dans la moitié seulement des vidéos, il parle », détaille Geoff D. Porter.

 John Kerry voulait des assurances

« Un candidat à la présidentielle en grande partie invisible et presque muet, c’est assez étrange. Ce qui rend les élections algériennes encore plus remarquables, c’est que M. Bouteflika est largement pressenti pour gagner » enchaine l’académicien militaire. Après avoir tourné en dérision les boycotteurs et les opposants au quatrième mandat, en insistant sur le caractère « authentiquement populaire », du président sortant, le professeur Porter revient sur la visite de la semaine dernière de John Kerry, le secrétaire d’État américain à Alger dans « ce contexte surréaliste ».

Pourquoi, selon cet expert, M. Kerry s’est-il rendu à Alger dans ce contexte précis ? Cramponnez-vous à votre chaise. « L’explication bénigne serait que la visite prévue en novembre dernier a été inopinément annulée. Mais il y a d’autres raisons plus impérieuses. La première d’entre elles, c’est qu’il voulait, sans doute des assurances quant à la façon dont les élections algérienne allaient se dérouler et qui sera le gagnant ».

 « 20e budget militaire du monde » et « un rempart fiable de stabilité »

 Comme justificatifs à cette incursion toute aussi surréaliste, « En dépit de son profil bas, l’Algérie est un partenaire stratégique important pour les Etats-Unis (…). L’Algérie, (…) a le 20ème plus important budget de défense dans le monde, dépensant pour la défense plus que le Pakistan ou que l’Iran et elle a une armée bien équipée et bien entraînée (…) À l’exception de l’attaque tragique sur l’installation de gaz d’In Amenas, en Janvier 2013, l’Algérie a résisté à l’émergence de groupes terroristes, en Afrique du Nord et dans le Sahara, qui a suivi le printemps arabe (…) »

 Cela dit, selon l’auteur de cette tribune, « si les électeurs algériens refusaient de réélire un président qu’ils ont rarement vu dans la dernière année, ou s’ils à refusaient de reconnaître la légitimité de sa réélection, ou s’il était élu et mourait durant son mandat, l’Algérie pourraient cesser d’être un grand rempart fiable de stabilité. De larges andains du territoire pourraient s’ouvrir à des groupes terroristes, leur donnant plus d’espaces d’entrainement, plus de cibles à attaquer et plus de sources de revenus à exploiter. Une ceinture d’instabilité pourrait alors s’étendre de la péninsule du Sinaï à travers la côte sud de la Méditerranée jusqu’à la frontière avec le Maroc ».

Comme par hasard plus personne n’est plus responsable de ce chaos. Tout le monde s’en lave les mains.

 Éviter une mauvaise surprise stratégique

 « Compte tenu des autres défis de politique étrangère avec lesquels M. Kerry est aux prises – Syrie , Crimée , l’Iran – il ne peut se permettre une surprise stratégique qui se dissimule à l’horizon, en Afrique du Nord. Malheureusement, il n’y a pas grand-chose qu’il peut faire. Dans d’autres conditions, il aurait voulu faire le maximum pour rencontrer des groupes d’opposition afin d’évaluer leurs griefs et de souligner la nécessité de renforcer les institutions démocratiques pour créer une trajectoire politique claire. », poursuit Geoff D. Porter.

Avant de conclure « Mais l’Algérie est sensible aux interférences dans ses affaires intérieures (…).Pour l’instant, il est possible de garder Algérie proche, par la diplomatie à Alger et à Washington. Grâce à la confiance vient de transparence et par la transparence, les surprises stratégiques peuvent être évitées ».

C’est là l’essentiel de ce que retient le quotidien new-yorkais de la visite de John Kerry et de sa brève rencontre avec « l’insaisissable président ».

 

Plus d’infos

Accéder directement à la tribune de Geoff D. Porter

http://www.nytimes.com/2014/04/09/opinion/keeping-an-eye-on-algeria.html?hp&rref=opinion&_r=0

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