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Espace. D’une main de fée, la chine alunit, en douceur, sa première sonde

La sonde chinoise Chang’e-3 s’est posée, ce samedi, en douceur sur l’astre de la planète bleue, permettant ainsi à Pékin de transformer l’essai de la deuxième phase de son programme lunaire.

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Chang’e 3, en douceur sur la Lune (photo d’écran agence Xinhua)

Avec son précieux passager, le véhicule lunaire « Yutu » comme lapin de Jade ou fête de mi-automne dans l’empire du Milieu, la sonde lunaire chinoise Chang’e-3, du nom de la fée du pays, a réussi, ce samedi, son alunissage en douceur sur l’astre de la planète bleue. Un événement marquant pour Pékin qui réussit ainsi à rejoindre les Etats-Unis et la Russie, pionniers de l’aventure lunaire. Le couple Chang’e-3-Yutu s’est posé dans la région dite Sinus Iridium (latin, Baie des arcs-en-ciel), une plaine de lave basaltique et l’un des plus beaux paysages lunaires. La Baie des arcs-en-ciel reste aussi une zone, jusque-là inexplorée. On s’attend, à présent, à avoir des images du rover Yutu, qui sera libéré demain, dimanche des entrailles de Chang’e-3.

Dégroupage de missions

Lancé le 2 décembre dernier, depuis la plateforme de Xichang, dans le sud-ouest de la Chine, la sonde Chang’e-3 n’a mis que dix jours pour prendre pied sur la lune au lieu de 13 jours annoncés, lors de son lancement. Depuis le centre de Xichang, le troisième engin de la série Chang’e a été propulsé par une fusée du type Longue Marche 3B d’une hauteur de 56,4m pour un diamètre de 3 mètres dont il s’était séparé avant d’atteindre l’orbite de transfert Terre-Lune.

Samedi, peu avant l’alunissage, les autorités spatiales chinoises avaient annoncé le début de décélération de Chang’e-3 à environ 15 km au-dessus de la surface de l’astre en vue de l’alunissage qui devait prendre 12 minutes ; processus au cours duquel sa vitesse est passé de 1,7km/s à son immobilisation, d’abord à 100m de la surface lunaire pour évaluer le site d’alunissage, ensuite au sol.

À partir de cet instant, va démarrer le dégroupage entre les missions la sonde et du Rover vont.

Depuis sa position fixe, Chang’e-3 effectuera des relevés topographiques.

Premier télescope sur la Lune

De son côté, mobile et libre de ses mouvements, Yutu va effectuer des missions scientifiques allant de l’analyse géologique aux ressources naturelles en passant par un inventaire des substances se trouvant à la surface de l’astre de la planète bleue. Chang’e-3 est le premier module à se poser sur la lune au 21e siècle, mais ce n’est pas la seule première de cette mission. Pour la première fois, en effet, dans l’histoire, une nation va installer un télescope sur la Lune. Ce télescope est « destiné à observer la plasmasphère du la terre –NDLR. Zone de la magnétosphère enveloppant l’ionosphère et ayant une densité électronique élevée- et à étudier la surface de la Lune par radar », explique l’agence chinoise d’information Xinhua.

La mission Chang’e-3 est la deuxième étape du programme lunaire chinois. Elle fait suite à celles de Chang’e-1 en 2007 et de Chang’e-2 en 2010, également dédiées à la Lune. L’ingénieur Sun Zezhou est le concepteur en chef des sondes Chang’s. Il peut légitimement se réjouir des succès de son pays, car, à ce jour, sur 130 tentatives humaines d’envoyer des sondes sur la Lune, seules 67 ont été couronnées de succès.

Chang’e-1 a effectué une mission de 494 jours autour de notre astre et renvoyé vers la Terre un gisement d’informations, photos en particulier, correspondant à un volume de 1,37 téraoctets, avant de s’écraser sur la surface lunaire, le 1er mars 2009, comme le prévoyait le programme.

Cap sur Mars

De son côté, Chang’e-2 a testé, pour le compte de Chang’e-3 un certain nombre de technologies et effectué la reconnaissance du site d’alunissage de son successeur. Autre innovation chinoise, cette deuxième sonde a réalisé la première prise de vue holographique lunaire de haute résolution ; précédé qui permet de reconstituer les images en trois dimensions. Chang’e-2 an ensuite été expédié vers l’espace lointain. Actuellement, il se trouve depuis à 60 millions de kilomètres de la Terre. Il devra être en mesure de parcourir 300 millions de kilomètres.

Pékin envisage de réaliser la troisième phase en 2017 avec pour objectif d’envoyer une sonde sur la surface de la Lune et de la récupérer une fois sa mission achevée.

Cité par l’agence Xinhua, Sun Zezhou ne nie pas qu’au-delà des prouesses scientifiques et techniques, ces programmes ont, pour son pays, un caractère économique. Pékin n’a, par ailleurs, jamais fait mystère que les missions Chang’e ne sont qu’un « pas vers l’exploration de l’espace lointain », en plus clair, la planète Mars dans une seconde étape.

Pour autant, les Chinois, qui voient leur « rêve spatiale » se réaliser, tiennent à rassurer les autres nations en donnant un sens pacifique et universel à leur succès. « Nous sommes ouverts dans notre programme lunaire et nous sommes prêts à coopérer avec d’autres pays (…). Nous envisageons d’explorer et d’utiliser l’espace à la recherche de davantage de ressources afin de promouvoir le développement humain », a déclaré, à la presse Li Benzheng, vice-commandant en chef du programme lunaire en soutenant que son pays n’inscrit pas son activité spatiale dans une perspective concurrentielle « mais dans l’intérêt de l’humanité toute entière ».

Dahmane Soudani

Quelques epères historiques

2 janvier 1959. L’URSS lance Luna 1 en direction de la lune. Elle frôle le satellite de la planète bleue, mais se perd dan l’espace et devient le premier planétoïde artificiel orbitant en 450 jours autour du Soleil. C’est grâce à ses capteurs qu’on a découvert les vents solaires.

27 mars 1961. L’URSS envoie Youri Gagarine dans l’espace à bord de Vostok 1

31 janvier 1966. Le module automatique soviétique Luna 9 parvient à se poser en douceur sur la Lune

21 juillet 1969. L’astronaute américain Neil Armstrong est devenu le premier homme à avoir posé les pieds sur la lune, mission Apollo 11

14 octobre 2003. La chine envoie Yang Liwei, son premier Taïkaonaute dans l’espace

24 octobre 2007. La Chine lance son premier satellite d’observation lunaire Chang’e-1

1er octobre 2010.  La Chine envoie son deuxième satellite lunaire Chang’e-2

5 novembre 2013. L’Inde expédie Mangalyaan vers Mars. La sonde devra atteindre la banlieue de la planète rouge en 300 jours (Lanceur Polar Satellite Launch Vehicle XL)

2 décembre 2013. La Chine lance son troisième satellite Chang’e-3

 

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