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Halloween. Une fête qui gagne en popularité… et en dépenses.

Les dépenses des Américains pour l’édition 2013 de Halloween ont augmenté de près d’un milliard de dollars.

Dans la culture celtique ancestrale, l’année de divisait en deux saisons : la saison claire et la saison sombre.

Jack o’Lantern challenger du diable, devenu protecteur (photo Dahmane Soudani)

Jack o’Lantern challenger du diable, devenu protecteur (photo Dahmane Soudani)

 Samhain (littéralement réunion) en irlandais ou Samhuinn en écossais était un événement populaire de célébration du glissement de la saison claire vers la saison sombre ; une transition connue en Gaule sous l’expression de Tri Nox Samoni (les trois rois de Samhain). Le passage aux ténèbres de la saison sombre réveille toutes les peurs et toutes les angoisses et ce d’autant qu’il est synonyme de la fin de l’opulence des récoltes estivales et par conséquent de raréfaction des denrées, voire de famine d’où l’apparition de superstitions et de toutes sortes de croyances fantasmagoriques. Pour conjurer leurs craintes et leurs appréhensions et chasser les fantômes errants, les Irlandais se déguisaient et allumaient des feux.

Phase de transition qui se situe en dehors du temps des vivants et de celui des morts, Samhain durait une semaine. Elle commençait trois jours avant et se terminait trois jours après le jour des Morts qui, selon le calendrier gaulois de Coligny correspondait, à peu près au 1er novembre du calendrier grégorien.

Les superstitions ont la peau dure

Comme depuis le nuit des temps, les religions ont toujours utilisé l’effet de fronde des croyances et traditions païennes les plus populaires et qui ont le plus d’emprise dans les différentes sociétés –la triangulation n’est pas un phénomène nouveau-, au VIIIe siècle, le pape Grégoire III a proclamé le 1er novembre, journée dédiée aux saints et aux martyrs –fête de la Toussaint- en empruntant certaines des traditions de Samhain.

Reste que les traditions et les superstitions ont la peau dure. Transitant par All Hallaows ou All-hallowmas devenue ensuite All Hallaows Eve, Samahain a ressurgi sous la dénomination fort séduisante de Halloween, en premier lieu dans le Nouveau Monde.

Avant l’indépendance des Etats-Unis (4 juillet 1776), face à la rigidité de l’anglicanisme, Halloween était plutôt célébrée dans les colonies du sud et dans le Maryland, mais l’arrivée de millions de migrants irlandais, à l’issue de la grande famine de la pomme de terre de 1846, a donné un véritable coup de fouet à ce rendez-vous annuel.

Peu à peu, cet évènement est devenu une manifestation très populaire –la veille, il courant que les Américains vous souhaitent happy Halloween-. Les Américains allaient alors de maison en maison pour demander argent et nourriture à travers le fameux  trick-or-treat, comme la farce ou le plaisir et rivalisaient en déguisements (origine celtique et européenne) et de décors inspirant de plus en plus de frayeur.

Jack o’Lantern challenger du diable devenu protecteur

En fait, aussi bien le déguisement que le trick-or-treat ont des origines lointaines. L’entrée dans la saison sombre était considérée, par les anciens Celtes comme le moment où la ligne de démarcation entre la vie et la mort, est la plus mince. C’est la période où les morts peuvent être tenté faire des incursions dans le monde des vivants. Il fallait donc à tout prix éviter tout contact avec ces revenants au pouvoir maléfique. Alors, pour éviter d’être reconnu par les esprits malfaisants, il fallait se déguiser et pour les empêcher de rentrer dans les maisons, les anciens Celtes mettaient de la nourriture devant leurs habitations. Pour aider les proches défunts à retrouver les chemins de l’au-delà, ils allumaient des feux et des bougies. Jack o’Lantern, du nom d’un mythique irlandais répondant au nom de Stingy Jack, comme Jack l’avare (véritable challenger du diable), aujourd’hui symbolisé par une citrouille vidée de sa chair et sur laquelle est sculpté un visage, ensuite éclairé depuis l’intérieur par une bougie, participe de cette mythologie (en Irlande et en Écosse Jack o’Lantern était représenté sur un navet ou une pomme de terre). Placé à proximité des maisons, Jack o’Lantern a vocation à éloigner les mauvais esprits des foyers.

Quant au trick-or-treat, il est sans doute une survivance de la mendicité lors du jour des Morts, autrefois célébré en Angleterre et en Irlande et au cours duquel les pauvres obtenaient un peu de nourriture en échange d’une prière pour les morts des généreux donateurs.

Près de 7 milliards de dollars dépensés en 2013

Au Etats-Unis, partir des années 1950, Halloween est devenu événement qui emballait surtout les jeunes et le trick-or-treat, une occasion pour les tout-petits de faire la tournée des maisons dans le but réapprovisionner leurs bonbonnières.

Aujourd’hui, dans le pays d’Uncle Sam, la fête de Halloween est devenue le deuxième événement commercial de l’année. Selon la fédération américaine du commerce de détail (National Retail federation ou NRF), fin octobre, plusieurs millions d’adultes américains envisageaient de se déguiser pour Halloween 2013 dont 5 millions en sorcières et 2,9 millions en Batman. Pour les tout-petits, la princesse vient en tête avec 3,8 millions de fans. Ce personnage est suivi des déguisements en animaux avec 2,8 millions d’adeptes. La Batman mania affecte également le monde des enfants avec 2,5 millions d’imitateurs. Quant à Fido and fluffy (chat et chien), ils ont réussi à vêtir de leurs costumes duveteux 7,9% de la population américaine.

En monnaie sonnante et trébuchante, cela correspond à 2,6 milliards de dollars dépensés pour les déguisements, soit : 1,2 milliard pour les adultes, 1 milliard pour les enfants (déjà plus sages), 330 millions pour les déguisements des animaux de compagnie. En moyenne, les dépenses en sucreries pour répondre au trick-or-treat des gamins s’élèvent à 75,03 dollars par personnes. Un quart de la vente annuelle des confiseries est réalisé à l’occasion de Halloween.

Au total, selon la même source, les Américains devraient avoir dépensé la bagatelle de 6,9 milliards de dollars pour l’édition 2013 de Halloween, contre une moyenne annuelle qui jusqu’en 2010 tournait autour de 6 milliards de dollars.

Cela dit, après avoir repris du poil de la bête Outre-Atlantique, l’ancienne fête celtique recyclée en Halloween par les commerçants du Temple, revient progressivement, mais sûrement sur les terres qui l’avaient enfantée.

Dahmane Soudani

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