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Québec. Les manifestations sévèrement encadrées.

Face à une batterie de mesures restrictives, les défenseurs de la liberté d’expression se rebiffent

La dernière séance extraordinaire du conseil municipal du Québec s’est terminée par quelques des bousculades du genre plutôt musclé dont certaines pourraient donner lieu à des poursuites judiciaires. Dans un climat de tensions, alimenté par la grève des étudiants de la province francophone qui dure depuis le 13 février 2012, le conseil municipal présidé par l’indépendant -chef d’entreprise- Régis Labeaume, a adopté un règlement destiné à « encadrer les manifestations ». Cette décision vient renforcer le dispositif ad hoc déjà restrictif défini par la loi dite N°78 du 12 mai dernier, votée par l’Assemblée nationale du Québec à l’initiative du gouvernement Jean Charest (Parti libéral du Québec)

Le nouveau tour de vis n’est pas du goût des organisations des étudiants et de représentants de la société civile, lesquelles, sous le titre « Le droit de manifester sérieusement compromis à Québec » avaient diffusé un communiqué, incendiaire quelques heures avant la réunion des élus de leur ville. « Ces modifications viennent donner une légitimité à posteriori au harcèlement policier à l’œuvre depuis plusieurs mois à Québec. On rapporte plus de 500 arrestations dans des manifestations organisées dans la foulée du mouvement de grève étudiante. L’administration municipale, en procédant à l’adoption en catimini de ces nouveaux règlements, vient cautionner la répression de manifestations pourtant légitimes » indiquent les opposants à ce texte.

« Printemps d’érable »

 « Les groupes sociaux de Québec organisent chaque année des actions et des manifestations spontanées, notamment en période électorale, lors du passage de candidats-vedettes dans notre région (…). Désormais, il nous sera impossible de faire entendre la voix des sans-voix sans se plier aux exigences des forces de l’ordre. C’est une atteinte grave à la liberté d’expression qui s’ajoute à la loi 78, adoptée ce printemps par le gouvernement provincial. Mais contrairement aux dispositions de la loi 78, la nouvelle réglementation municipale sera permanente. Elle aura des répercussions sur toutes les manifestations nationales organisées dans la Capitale. », poursuit le communiqué.

À titre d’exemple, le nouveau règlement de la municipalité du Québec impose un couvre-feu interdisant toute manifestation après 23h. « Il s’agit d’atteintes graves au droit de manifester, pavant la voie à l’arbitraire policier et à la criminalisation de la dissidence politique », fustigent les opposants.

Initié pour faire reculer le gouvernement Charest à propos de la hausse des tarifs d’inscription à l’université, « le Printemps québécois » ou le « Printemps d’érable » -par allusion au symbole figurant sur l’emblème canadien et au Printemps arabe- a servis de contexte et de prétexte à ce que d’aucuns n’hésitent pas à qualifier de juridiction d’exception. Mais, forts du soutient de leurs camarades américains, français et des autres parties du Canada, les universitaires en herbe n’ont pas encore dit leur dernier mot. Ils sont déjà les acteurs de la grève la plus longue jamais organisée au Québec qui compte 420 000 étudiants.

La Rédaction

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