La base se désolidarise de la représentante désinvolte et reste unie autour du candidat démocrate.
Coup de tonnerre, ce dimanche, dans le Michigan ! À deux jours des sénatoriales de mardi, la démocrate Haley Stevens lâche Abdul El-Sayed, le candidat investit par le parti Démocrate, et change de camp pour soutenir le républicain Mike Rogers. Un revirement majeur, dans la dernière ligne droite d’une élection cruciale qui, au-delà du coup porté à Abdul El-Sayed, pourrait avoir un impact sur le parti qui contrôlera le Sénat.
Des motifs peu crédibles
Mais quel est donc l’enjeu qui pourrait justifier et expliquer un tel péril ? Dans une vidéo mise en ligne, celle qui fut représentante démocrate s’épanche : « Eh bien, le Michigan, comme vous avez peut-être pu le constater, notre candidat démocrate au Sénat américain, Abdul, a fait savoir que je n’étais plus la bienvenue dans sa campagne et que je devais rester à l’écart (…) Et il a raison ; c’est pourquoi j’apporte aujourd’hui mon soutien à Mike Rogers pour le Sénat des États-Unis. Je n’ai pas ma place dans la campagne d’Abdul ». Trop léger comme argument pour expliquer une telle prise de risque !
En fait, Haley Stevens et Abdul el-Sayed devaient initialement apparaître ensemble, à Détroit. Mais ce rendez-vous a été annulé après que Mme Stevens a exigé de M. El-Sayad des excuses à propos d’un spot électoral, diffusé par un comité d’action politique, qui attribue la hausse des prix des produits de premières nécessités à l’aide accordée à Israël. El-Sayed a alors reproché à Stevens de vouloir rouvrir le débat des primaires, durant lesquelles les deux candidats avaient déjà échangé des piques au sujet d’Israël.
L’enchainement par le narratif ne fonctionne plus
Mais la défection couvait déjà dans l’œuf. Quelques jours auparavant, Jason Turkish, le fiancé de Haley Stevens avait annoncé la couleur en apportant son soutien public à Mike Rogers.
Reste que la nouvelle donne que l’establishment et ses satellites n’ont pas encore totalement intégrée, c’est que l’ère de l’inconditionnalité monolithique de la base est en train de s’évaporer irrémédiablement. L’enchainement par le narratif -et même par la coercition- ne fonctionne plus !
Le jour-même de l’annonce faite par Haley Stevens plus de la moitié de ses collaborateurs ont démissionné, pour protester contre cette imposture. D’aucuns évoquent même « une démission collective »
« En tant que chef de cabinet de Haley Stevens pendant huit ans, je m’exprime, au nom de notre équipe, pour apporter un soutien total à Abdul El-Sayed pour le Sénat… Nous sommes choqués et profondément attristés par la décision de la parlementaire Stevens de soutenir Mike Rogers (…) Dès ce matin, plusieurs membres de notre équipe ont démissionné, moi y compris. Nous encourageons chacun à accomplir son devoir civique, à voter pour Abdul ainsi que pour les candidats démocrates à tous les niveaux du scrutin, et à défendre l’Amérique en laquelle nous croyons tous », s’insurge, dans une déclaration publique, Justin German, l’ancien chef de cabinet de Mme Stevens. Et il n’est pas le seul à manifester sa réprobation. Tant s’en faut !
« Nous élirons quand même Abdul »
« Les démocrates du Michigan sont fiers de soutenir Abdul El-Sayed en tant que candidat au Sénat des États-Unis ; dans deux jours, nous l’élirons pour nous représenter à Washington. Nous sommes consternés par l’attitude de la représentante Haley Stevens, qui a trahi ses engagements en instrumentalisant les citoyens noirs du Michigan à des fins purement politiciennes. La représentante Stevens a perdu le nord, et les habitants du Michigan savent bien que Mike Rogers n’est qu’un homme de paille de Trump, qui a failli envers le Michigan. Nous sommes prêts à élire Abdul mardi », assène, de son côté, Virgie Rollins, présidente du caucus des membres noirs au sein du Comité national démocrate.
D. S.



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