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USA. Aisha Wahab au Capitole

Aisha Wahab, au Capitole (photo DR-c. écran)



Aux États-Unis, c’est finalement, c’est l’Américaine d’origine afghane Aisha Wahab (39 ans) qui conduira son à terme le mandat du démocrate Eric Swalwell -démissionnaire pour inconduite sexuelle et sous investigation pénale- à la Chambre des représentants pour le 14e district de Californie (à l’est de la baie de San Francisco). Pour dérocher ce mandat partiel, Mme Wahab (1) qui fait déjà partie du sénat de ce même État (Californie) depuis 2022, a dû passer par un véritable parcours du combattant et une ambiance des plus hostiles et des plus délétères animée par le lobby pro-israélien.

Ce troisième rendez-vous avec les urnes ne fut pas un long fleuve tranquille. Mme Wahab a eu affaire à l’une des adversités les plus implacables « Dans la dernière ligne droite de la campagne, plusieurs super PAC (notre encadré), dont deux liés à l’American Israel Public Affairs Committee, ont dépensé des millions en publicités télévisées et sur les réseaux sociaux ciblant les électeurs de la circonscription, située dans la banlieue est de San Francisco », rapporte The New York Times sous la plume de Jennifer Medina. En fait, Mme Hernandez a reçu un soutien considérable de la part du lobby pro-israélien, notamment un financement de 5 millions de dollars provenant de deux « super PAC » affiliés à l’AIPAC. Selon The New York Times, rien que pour ternir l’image de Mme Wahab, United Democracy Project, le super PAC de l’AIPAC, a dépensé environ 2,5 millions de dollars.

Cette situation a rendu l’issue du scrutin plus serrée que prévu, mais rien n’y fait. Après le dépouillement des votes, Aisha Wahab remporte l’élection par 53,1% des voix contre 46,9% pour sa concurrente, soit 6,2 points d’écart.

Cori Bush, Jaamal Bowman, en ont, eux aussi, fait les frais. En 2024, lors des primaires au sein du parti démocrate, l’AIPAC et ses satellites ont, respectivement, mobilisé 9 et 23 millions de dollars contre Cori Bush (1er district du Missouri) et Jaamal Bowman (16e district de l’État de New York) pour empêcher leur réélection à la chambre des représentants. Ils ont fini par être écartés. Mais l’une des sommes d’éradication de candidats les plus élevées, mobilisée pour une primaire (toujours au sein du parti démocrate) reste celle utilisée pour faire tomber l’épidémiologiste michiganais, d’origine égyptienne, Abdul al-Sayed (42 ans) au début de ce mois d’août. Il s’agit d’une enveloppe astronomique de 32 millions de dollars. M. al-Sayed à, malgré tout, franchi ce cap. Le 3 novembre prochain, trois jours après avoir allumé sa 42e bougie, il affrontera le républicain Mike Rogers.

Ce dernier a été approché par AIPAC et ses satellites. Mais conscient de l’adversité que fait naitre, désormais, la participation financière de ces groupes de pressions lors du passage aux urnes, il leur sèchement demandé de rester à l’écart.

Cela dit, pour les candidats de la rupture, le grand virage a été amorcé par l’élection, le 5 novembre 2025 de Zohran Mamdani qui à l’âge de 34 ans qui deviendra le 112e maire de New York, la plus jeune personnalité politique, à un tel niveau, depuis 1892.

Lors de la primaire au sein du parti Démocrate, son concurrent et ancien gouverneur de l’État de New York Andrew Cuomo a pourtant, injecté la somme colossale de 25 millions de dollars contre 1,7 million pour Zohran Mamdani.

Ces succès des candidats de la rupture montrent les limites du pouvoir de l’argent sur les campagnes électorales. Dans ces conditions, on est en droit de s’interroger sur la nature du prochain nerf de la bataille ! La prophylaxie politique l’exige.

La fronde n’épargne pas les élus du Parti républicain. Marjorie Taylor Greene, de Géorgie a démissionné de son poste de représentante en janvier 2025 qu’elle avait décroché deux mois plus tôt en tant que candidate du Parti républicain.

Après avoir été pendant près de 14 ans, représentant républicain de de la 4e circonscription du Kentucky, Thomas Massie a été éliminé de la course pour un nouveau mandat à la Chambre lors de la primaire du 19 mai 2026. Vingt à vingt-cinq millions de dollars ont été dépensés pour l’écarter de l’élection. Ce n’est pourtant pas un irréductible excité mais des déclarations comme celle-ci, suffisent pour le placer dans le viseur : « Je vote avec les Républicains 91 % du temps ; les 9 % restants, c’est lorsqu’ils prennent la défense de pédophiles, déclenchent une nouvelle guerre ou mènent notre pays à la faillite. », explique l’élu du Kentucky. Pour des groupes dépourvus de toute forme de moralité des sommes aussi colossales permettent de commettre les pires bassesses. « Ma fille, qui vit en dehors de ma circonscription, a entendu quelqu’un dans l’isoloir voisin chercher le nom de mon adversaire sur le bulletin de vote, Il ignorait même que je n’étais pas son représentant au Congrès. C’est dire à quel point ils ont berné les habitants du Kentucky. Ils ont utilisé l’intelligence artificielle pour créer une vidéo très réaliste me montrant en train de m’enregistrer dans une chambre d’hôtel avec AOC (NDLR. Alexandria Ocasio-Cortez) et Ilhan Omar (aile gauche du Parti démocrate), en leur tenant la main », détaille Thomas Massie.  Pour les plus friands des spéculations stériles, la loi du Kentucky interdit a un candidat éliminé lors d’une primaire de se présenter à l’élection générale, en tant que candidat libre.

Le mandat d’Eric Swalwell devant arriver à terme en janvier 2027, Aisha Wahab devra, elle aussi, affronter, de nouveau, Melissa Hernandez lors d’une élection distincte, en novembre prochain ; élection qui déterminera celle devant exercer le prochain mandat complet de deux ans.

D. S.

(1). Native de New York Aisha Wahab est issue d’une famille de réfugiés afghans.

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