La sous-secrétaire d’État américaine n’a pu rencontrer ni le chef du CNSP ni le président déchu, mais a qualifié les discussions de « franches et difficiles ».
Antony Blinken, le secrétaire d’État américain a dépêché, hier lundi, la vice-secrétaire, Victoria Nuland à Niamey, la capitale du Niger pour tenter de remettre le pays sur la voie de l’ordre constitutionnelle. La visite de Mme Nuland avait été précédée, vendredi, par l’annonce de sanctions prises par Washington contre ce pays africain et les militaires qui avaient renversé le président Mohamed Bazoum, le 26 juillet dernier. Détaillées par Matt Miller, porte-parole du Département d’État, celles-ci affecteront l’aide au gouvernement pour le développement et pour la sécurité. « C’est un montant important », insiste le porte-parole. Rappelons qu’un millier de soldats américains sont stationnés au Niger.
Double déception
Dans la capitale nigérienne, la vice-secrétaire d’État a été reçue par le général de brigade et ancien chef des forces spéciales nigériennes, Moussa Salaou Barmou qui figure en quatrième position sur la liste des membres du CNSP rendue publique par le décret du 3 août dernier. Moussa Salaou Barmou a néanmoins beaucoup travaillé avec le contingent américain stationné dans le pays.
Signe de la crispation des relations entre les deux pays, Mme Nuland n’a pas pu avoir d’entrevue, comme elle le souhaitait, ni avec le général de brigade Abdourahamane Tiani, président du CNSP ni avec le président déchu, Mohamed Bazoum. Une double déception !
La diplomate américaine a qualifié les entretiens avec le général Moussa Salaou Barmou d’ »extrêmement franches et parfois assez difficiles ». Selon ses propres dires, sa rencontre avec les représentants de la société civile a été également empreinte de la même franchise.
Du Maïdan à Niamey
Aux journalistes, elle déclaré, le jour-même de sa visite, qu’elle exhorté M. Barmou et ses partenaires « à entendre notre offre d’essayer de travailler ensemble pour résoudre ce problème de manière diplomatique et revenir à l’ordre constitutionnel ». Mme Nuland a néanmoins jugé qu’ »il n’a pas été facile de gagner du terrain sur ce point » parce que les militaires « sont assez fermes dans leur vision de la manière dont ils veulent procéder ».
La diplomate américaine a également évoqué la présence du groupe Wagner qu’elle considère comme « un risque pour leur souveraineté ».
Ce mardi, le CNSP a refusé de donner son accord à l’arrivée, à Niamey, d’une délégation de la CEDEAO, « pour des raisons de sécurité ».
Habituée des missions difficiles, Victoria Nuland était à Kiev au mois de février 2014, lors du violent coup d’État du Maïdan (au moins 130 morts) qui a renversé le président élu Viktor Ianoukovytch.
Dahmane SOUDANI
Niger. Les membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP)
Composition selon le décret du 3 août 2023
- Abdourahamane Tiani, général de brigade, commandant de la garde présidentielle nigérienne, président du CNSP.
Membres
- Salifou Modi, général de corps d’armée, Chef des forces armées nigériennes depuis 2020, limogé par le président Mohamed Bazoum le 1er avril 2023 qui le nomme, le 1er juin de la même année ambassadeur aux Émirats arabes unis. Il fut remplacé par Abdous Siikou Issa, vice-président, du CNSP ;
– Mohamed Tomba, général de brigade ;
– Moussa Salaou Barmou, général de brigade, ancien chef des forces spéciales nigériennes ;
– Karimou Hima Abdoulaye, colonel-major ;
– Garba Hakimi, colonel-major ;
– Abdourahamane Amadou, colonel-major ;
– Salissou mamane Salissou, colonel ;
– Sidi Mohamed, colonel ;
– Ibro Amadou, colonel ;
– Abarchi Ousmane, commissaire-colonel ;
– Sahabi Sani, colonel ;
– Ahmed Sidien, colonel ;
– Assabaha Ebankawel, inspecteur général de la police ;
– Abdou Oubandawaki, colonel-major ;
– Mai Zama Abdoulaye, colonel.


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