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Commentaire. « Il faut arrêter de dire que le peuple a toujours raison ! »

Cette phrase, lancée il y peu de temps, par l’eurodéputé vert Daniel Cohn-Bendit à l’issue du vote des Britanniques en faveur du Brexit, montre clairement que la puissance de la superstructure que se sont construite les élus leur fait penser, qu’à présent, ils peuvent s’affranchir de la volonté des peuples ; volonté que reste, ils ont utilisée comme marchepied pour accéder aux grandes et juteuses fonctions électives.

 Cette sortie de l’écologiste franco-allemand est partagée par d’autres élus de droite comme de gauche et dont certains supposés penseurs ont pris sur eux d’enrober d’une phraséologie creuse ayant vocation à faire avaler la pilule. Les prétentions démesurées de politiques qui se prennent, déjà, pour des élus de droit divin, trouvent ainsi, en écho, une idéologie qui déroule le tapis rouge à leurs ambitions. À un tel niveau d’enjeux on ne peut pas, il est vrai, s’affranchir d’un système d’idées, présenté sous sa forme achevée ; c’est ça en fait l’idéologie. Et ce n’est jamais fortuit, ni anodin !

Des élus mutants

Nos assemblées élues démocratiquement sont en train d’évoluer vers des pairies –assemblées des pairs- qui n’osent pas encore dire leur nom. Mais à la différence des pairs qui défendent leur statut en faisant valoir leur lignée –noblesse de la robe, de l’épée…-, les élus mutants d’aujourd’hui louvoient, en espérant que l’idéologie qu’ils sont en train de se forger s’empare des esprits et surtout des réflexes, achèvement ultime de la conquête des âmes.

Oui, il arrive que les peuples s’engagent dans des dérives aux conséquences parfois dramatiques, mais les exemples sont plutôt rares. En tout cas, les peuples se trompent beaucoup moins souvent que les élus et les souverains. Et lorsque ça leur arrive, dans la quasi-totalité des cas, c’est parce que, directement ou indirectement, la puissance publique avait été mise au service de ces errements ou alors, parce que les abus ont atteint des niveaux tels que les réactions de désespoir donc suicidaires, deviennent inévitables.

Cela dit, pour reprendre une expression de Victor Hugo, le peuple reste « le vrai maître de la maison ».

« Le vrai maître de la maison va frapper à la porte »

En effet, l’auteur de La Légende des siècles avait mis dans la bouche du héro de son roman L’Homme qui rit –s’adressant aux pairs d’Angleterre- les mots suivants : « Mylords vous êtes en haut. C’est bien. Il faut croire que Dieu a ses raisons pour cela. Vous avez le pouvoir, l’opulence, la joie, le soleil immobile à votre zénith, l’autorité sans borne, la jouissance, la jouissance sans partage, l’immense oubli des autres. Soit. Mais il y au-dessus de vous quelque chose. Au-dessus peut-être Mylords, je viens vous apprendre une nouvelle. Le genre humain existe (…). Mais prenez garde, il y a une grande puissance, l’aurore. L’aube ne peut être vaincue. Elle arrivera. Elle en a le jet du jour irrésistible. Et qui empêchera cette fronde de jeter le soleil dans le ciel ? Le soleil, c’est le droit. Vous, vous êtes le privilège. Ayez peur. Le vrai maître de la maison va frapper à la porte (…).Le genre humain est une bouche, et j’en suis le cri. Vous m’entendrez. Je viens ouvrir devant vous, pairs d’Angleterre, les grandes assises du peuple, ce souverain, qui est le patient, ce condamné qui est le juge ».

Une faute lourde

Oui les citoyens sont à la fois les condamnés, les patients. Collectivement, ils sont également juge et souverain. Ce sont les citoyens qui vous ont élus et ce sont eux qui peuvent vous faire échouer, monsieur Cohn-Bendit. Mais, aujourd’hui, c’est la grande majorité de ces citoyens qui souffre de l’exclusion, du chômage, de la destruction de son système de protections sociale, de la désertification de ses territoires, de sa culpabilisation systématique érigée en système impitoyable de domination, de l’incertitude des lendemains…

S’il arrive aux peuples de se tromper, les politiques ont-ils le droit de rester silencieux face au fléau du chômage qui aujourd’hui en France, par exemple, affecte deux fois plus de personnes qu’en 2008 ? Ont-ils le droit de rester silencieux face aux revenus indécents des dirigeants des grosses entreprises dont beaucoup sont directement ou indirectement impliqués dans la crise économique et financière de 2007-2008 ; crise qui, d’ailleurs, est à l’origine de la dégradation actuelle de l’emploi de par le monde. Ce silence n’est pas une erreur. C’est une faute lourde.

Au fait, après l’invalidation de la voix du peuple, quelle sera la prochaine étape ? Le putschisme pointe du nez !

Dahmane SOUDANI

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