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France. La majorité s’effrite sur l’autel des régions

Dans l’histoire de la France, face à l’évidence, 7 des 24 présidents qui se sont succédé à l’Élysée, avaient pris la décision de mettre un terme à leurs mandats.

 

Jusqu’à présent, la grogne contre ce qui semble bien être une improvisation, n’affectait que quelques parlementaires, mais à présent, le mécontentement s’étend aux élus locaux. C’est le cas du conseil général du Jura., Hier (mercredi), à la quasi-unanimité, cette assemblée départementale franc-comtoise à majorité socialiste, présidée par Christophe Perny s’était prononcée « contre la réforme territoriale imposée » en exigeant un référendum.

La motion votée par le conseil général du Jura met le doigt sur ce qui fait le plus mal aux oreilles de l’Élysée en soulignant que « la réforme proposée ne générera pas d’économies » ; motif avancé pour l’engagement de la fusion des régions.

Il semblerait également que même si le conseil régional de Franche-Comté, présidé par une autre socialiste, Marie-Guite Dufay, avait avancé l’idée d’une fusion potentiel entre la Franche-Comté et la Bourgogne, les jurassien seraient plus enclins à sceller leur destin avec Rhône-Alpes et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Il ressort de l’exemple jurassien que ce qu’il est convenu d’appeler la fusion des régions risque fort d’être en confrontation frontale avec les identités territoriales historiques –les Bretons n’ont jamais cessé de revendiquer la Loire-Atlantique- et au lieu de renforcer l’idée de communauté de destin le processus engagé pourrait bien raviver les dispersions et de malmener la République.

Les improvisations ne font qu’amplifier les échecs

En France, la question des remodelages territoriaux a toujours été une question sensible. En organisant un référendum le 27 avril 1969, sur la création des régions, un grand homme comme le général de Gaulle l’avait compris à ses dépends. Face à l’échec, il a pris son part, il a démissionné.

Il a fallut, ensuite, attendre la dynamique des années 1980 qui a porté la gauche au pouvoir pour que, le 2 mars 1982, le couple François Mitterrand-Pierre Mauroy mette en place les régions.

Le général de Gaulle avait engagé le processus de régionalisation alors que dans le sillage des mouvements sociaux de mai 1968, il était en communication paradoxale avec la société française. Il a compris, il en tiré les leçons. Dans l’histoire de la France, il n’est d’ailleurs pas le seul à avoir rendu le tablier. Avant lui, les présidents Adolphe Thiers, Patrice de Mac Mahon, Jules Grévy –justement un Jurassien-, Jean Casimir-Perier, Paul Deschanel, Alexandre Millerand avaient fait le choix d’abandonner le pouvoir. Sur les 24 présidents de la République française, face à l’évidence au moins 7 –y compris des légitimistes- ont démissionné en cours de mandat sans compter ceux quoi ne se sont pas représentés. La France et la démocratie en sont sorties grandies. Il n’y a pas pire résolution que de se lancer dans des improvisations sans lendemain pour estomper les échecs de la veille. C’est le triste spectacle, prolifique en gesticulations et en signifiants vides, auquel nous avons assisté avec les deux derniers locataires de l’Élysée.

Dahmane Soudani

 

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