À New York, c’est du Jasmin qui a fleuri au 22E, 60th Street. La Tunisie est à l’affiche de la cinquième édition du « World Nomads », le festival porté par l’Institut français Alliance française. Inspiré par l’exploration des influences transculturelles sur l’art contemporain, ce rendez biennal a démarré, vendredi dernier, sur les chapeaux de roues.
Soirée réussie pour l’Institut français Alliance française (French Institute Alliance Française ou FIAF) et la virtuose tunisienne Sonia M’Barek accompagnée de l’ensemble (quartet) Al-Bustan. Au Florence Gould Hall, le concert organisé pour le lancement de la biennale le Monde nomade a fait salle comble. Après l’Afrique en 2007, Haïti en 2009, le Liban en 2010 et le Maroc en 2011 cette année, la cinquième édition du World Nomads est dédiée à l’art contemporain tunisien ; un pays qui, plus de deux ans après la chute de l’autocrate Ben Ali, continue à chercher sa voie, en empruntant parfois, malheureusement, des itinéraires douloureux.
Sama’i Kurd, composition de Josef Kassab, Jadakal Ghaythu (Ibn El Khatib), Chanson andalouse en hommage au compositeur tunisien Khmaies Ternane, les martyrs de la parole et l’Envol des oiseaux (Rachid Yeddes), le pouvoir des mots (Ahmed Achour), les Nuits de Séville (Sayed Shata), le rêve et Anatolie figuraient au répertoire de ce grand concert d’ouverture.
Le coup d’envoi du cinquième Monde nomade a été donné par Marie-Monique Steckel, présidente du FIAF qui a confié à son public que l’organisation de ce festival a été rendue possible grâce à la rencontre de gens qui partagent leur amour pour la culture tunisienne. Chaouchi Mokhtar, ambassadeur de Tunisie aux Etats-Unis et Khaled Khiari, représentant permanent de la Tunisie auprès des Nations Unies ont également pris part à ce concert inaugural.
« Le Printemps arabe peut chanter »
Vêtue simplement d’une robe rouge aux couleurs de son pays, la voie envoutante accompagnée

Pour réussir la 5e édition de World Nomads, Mme Steckel a su fédérer les amoureux de la culture tunisienne (photo Dahmane Soudani).
d’un geste gracieux, Sonia M’Barek magnifie l’amour en des termes extrêmement raffinés comme, c’est la règle dans la musique arabo-andalouse. Dans ce genre de mélodies, Dieu est adoré et vénéré, mais il est aussi vecteur pour l’amour. Une démarche qui n’est pas sans rappeler ce beau poème arabo-andalou (école Gharnati) à travers lequel l’interprète s’adresse au Tout-puissant en l’interpelant : « Vous qui êtes si beau et qui aimez la beauté, comment voulez-vous que vos êtres ne puissent pas être épris d’amour ? »
Mais l’amour, si grand et si magnifié soit-il n’évolue pas en vase clos. La chanson arabo-andalouse laisse transparaitre le besoin de le préserver, conforter et protéger. C’est ainsi que dans le répertoire interprété par Sonia M’Barek il également est question du mot et de son référent, de la parole et de la vérité, d’authenticité, de destin commun…Cela se traduit par des toiles lyriques comme « la vérité est prisonnière de la parole », « Je rêve d’un verset qui scintille dans les cœurs et qui par son amour uni, je rêve de gens qui écoutent », « Le chant, c’est le palmier de mon pays entrelacé avec les racines de mes ancêtres, gravé dans le cœur de nos enfants et appris génération après
génération »…
Pour autant, la virtuose tunisienne ne de présente pas en donneuse de leçon. Elle appelle à une méditation en semant la joie dans les cœurs.
« Le printemps arabe peut chanter. Pourquoi pas ? La Tunisie est pays riche en diversité et ancré dans son authenticité », a déclaré de son côté Chaouchi Mokhtar, à l’issue de la journée inaugurale, balayant d’un revers de main l’iconoclasme dans lequel d’aucuns veulent enfermer son pays.
Dahmane Soudani
Le programme du Monde nomade 2013
6 mai
– 12:30, Skyroom. Le rôle de la femme dans la société tunisienne (échanges)
7 mai
– 1pm, White Box. Art, femme et politiques (échanges)
– 12:30, 4 &7:30 pm, Florence Gould Hall. Les silences du palais de Moufida Tlatli (Long métrage, 1994)
8 mai-1er juin.
– FIAF Gallery. Après la révolution (art visuel)
8 au 10 mai.
– 5:30-8pm, Tinker Auditorium. Évènement phare : souk tunisien
09 et 10 mai-.
– 8pm, Florence Gould Hall. Jonah Bokaer (dance)
12 mai.
– 6-8pm, 5pointz. après la Révolution à 5Pointz (art visuel)
14 mai
– 8pm, Florence Gould Hall. Radhouane El Meddeb (dance) 8pm
– 12:30, 4 &7:30pm, Tinker Auditorium. Loi 76 de Mohamed Ben Attia (court métrage 2011) et Satin rouge de Raja Amari (long métrage 2002)
15 mai
– 8pm, Florence Gould Hall. Ghalia Benali (musique)
– 12h30 & 10:30pm, Catch Roof. Tunisian Djs in New York
21 mai
– 12:30, 4 &7:30 pm, Tinker Auditorium. Vague de Mohamed Ben Attia (court métrage 2010) et Secrets de Raja Amari (long métrage 2009).
22 mai
– 8pm, Florence Gould Hall. Emel Mathlouthi (musique)
28 mai.
– 12:30 & 4pm, Tinker Auditorium. C’était mieux demain de Hinde Boudjeema (documentaire long métrage)
– 7:30pm, Tinker Auditorium. Bobby de Mehdi M. Barsaoui (court métrage 2012)) et Maudit soit le phosphate de Sami Tlili (long métrage 2012)
Information pratiques
Se connecter à l’Institut français Alliance française à New York :
– facebook.com/fiafny
Appeler
– Billetterie : 800 982 2797
– Informations : 212 355 6100
Y aller
– Subway (métro) 4,5 & 6 vers 59ème rue
– Subway N,R & Q vers la 5ème avenue
– Subway F vers la 63ème rue.
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