« Tout ce qui est démocratie, tout ce qui est liberté, tout ce qui est laïcité est perdu. Les gens n’en peuvent plus », plaide le patriarche catholique.
« Venez à l’aide de la Syrie ! » C’est le cri de détresse, lancé mercredi dernier, sur radio Vatican, par le patriarche catholique melkite Grégoire III Laham, au pape François. « Je lance un appel pathétique et plein d’amitié et d’espérance au nouveau pape : venez à l’aide de la Syrie qui ne peut plus supporter un plus long chemin de croix », plaide le dignitaire religieux -qui est de nationalité syrienne-, cité par le quotidien libanais l’Orient-le-Jour. Et Grégoire III d’ajouter : « Nous n’avons pas peur des musulmans. Nous avons peur de ce chaos qui prend racine de plus en plus au Moyen-Orient. C’est devenu un lieu de marchandises, la Syrie, un lieu d’où on ne fait qu’extraire de l’argent. Ça suffit les armes, les enlèvements tous les jours, les tueries! Tout ce qui est démocratie, tout ce qui est liberté, tout ce qui est laïcité est perdu. Les gens n’en peuvent plus. »
Pendant ce temps, au lieu travailler à l’émergence des forces démocratiques syriennes, pour des raisons incompréhensibles, la diplomatie française, Laurent Fabius en tête, poursuit un activisme insensé à vouloir installer des intégristes aux commandes du pouvoir en Syrie. Les exemples de l’Égypte, la Libye et de la Tunisie montrent pourtant qu’on n’a fait que remplacer des autocrates par des dictatures larvées, incapables d’assurer la gestion des affaires courantes d’un pays et qui plus est, sèment l’arriération et jettent les femmes à la vindicte publique.
Souffre douleur de l’humanité
Laurent Fabius nous dit qu’il veut marginaliser les intégristes armés, comme ceux de Jabhat an-Nosra, mais en même temps, il vient de déclarer à BFM-TV et à RMC qu’il tenait à ce que le fondamentaliste Moaz El Khatib, le représentant des Frères musulmans Ghassan Hitto et l’ancien général syrien Salim Idriss, entré en dissidence en juillet 2012, alors qu’il était déjà en retraite, soient présents à la réunion de Londres de la semaine prochaine.
Rappelons que le général Salim Idriss a déclaré il y a, peu de temps à MSN News que les combattants d’an-Nosra n’étaient pas des terroristes tout en reconnaissant par ailleurs qu’un cinquième d’entre eux –et c’est peu dire- n’étaient pas des Syriens.
Ces trois hommes ont par ailleurs un point en commun : ils sont tellement proches du Qatar qu’un homme comme Moaz El Khatib n’a même pas eu le droit de démissionner de ses responsabilités au sein de l’opposition syrienne ; Etouffant comme proximité !
La frontière entre l’intégrisme armé et idéologique est une fiction qui émane de convictions suspectes.
Et puis, du côté du Quai d’Orsay, il y a quand même cet anachronisme d’une France qui intervient au Mali pour stopper une rébellion intégriste, même si le régime place n’a rien de constitutionnel et une autre France qui aide une rébellion dominée –sur le terrain- par des intégristes armés à déstabiliser un pays souverain au prix de milliers de morts. Difficile à comprendre !
En droit international, la Syrie est un pays souverain, membre des Nations-Unies. Qu’importe, ce son de cloche est pour l’heure inaudible. Reste que si le plan défendu par Laurent Fabius et consorts passait, dans quelques mois, la Syrie ferait son « chemin de croix » vers un Moyen-Age hors de son temps et comme les autres pays arabes qui ont subi les révolutions à remonter le temps, elle aura le statut peu flatteur de souffre-douleur de l’humanité, un statut qui, dans un deuxième étape, peut tout justifier.


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