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L’Égypte renoue avec les situations d’’exception

 Trois provinces égyptiennes sont placées sous un état d’urgence renforcé de couvre feu.

En moins d’une année, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ) a montré qu’en fait il est la négation même des valeurs qu’il arbore dans sa dénomination. Au cours de l’été 2012, le président Mohamed Morsi soutenu par les Frères musulmans s’attribue les pouvoirs législatifs après avoir mis à la retraite le maréchal Tantawi. En novembre 2012, il donne à la liberté et à la justice les cheveux roux de l’automne en promulguant une déclaration constitutionnelle qui lui confère la possibilité de légiférer par décret et d’annuler des décisions de justice en cours d’application. C’est dire que, contrairement à son prédécesseur, M. Morsi ne s’embarrasse même pas de détails. Il ne met même pas les formes. Ces pouvoirs démesurés ont été à l’origine de la première crise politique grave.

Malgré ces dérives despotiques, aux relents de coups d’État institutionnel, par référendum du 15 décembre 2012, les électeurs égyptiens se sont prononcés pour le projet constitutionnel du PLJ. Conforté dans ses ambitions démesurées, le nouveau régime consolide son hégémonie par l’instauration d’un climat de peur.

Activation de réseaux dormants

Les violences survenues au stade de Port-Saïd, le 1er février 1012 et qui se sont malheureusement, soldées par la mort de 74 personnes ont donné lieu à une avalanche de peines de mort visant au moins 21 personnes. Ces condamnations pour le moins excessives sont à l’origine des nouvelles violences de ce week-end qui ont secoué plusieurs villes et provinces égyptiennes, principalement Port-Saïd, Ismaïlia, Suez et le Caire et qui ont encore ajouté au décompte macabre de victimes 50 autres décès et plus de 600 blessés. L’organisation des Frères musulmans au pouvoir a profité de ces troubles pour activer ses réseaux dormants. C’est ainsi que selon la version en ligne de ce dimanche du New York Times « un groupe de djihadistes inconnu » a menacé de mettre en place « des milices d’autodéfense » pour défendre le Gouvernement avec pour principale cible, l’opposition laïque. Cette menace n’est pas sans rappeler les Comités de protection de la révolution en Tunisie et leur sinistre bilan lors de la célébration du 60e anniversaire de l’assassinat de Ferhat Hached.

Empêtré dans une logique désuète de la peur et de l’escalade dans la violence, Mohamed Morsi a décrété, ce dimanche, l’état d’urgence, renforcé de couvre-feu, dans les provinces de Port-Saïd, Ismaïlia et de Suez.

Le retour de la peur et répression

Se croyant investi du pouvoir par un droit divin, très remonté le successeur de Hosni Moubarek, a annoncé, le même jour, qu’il n’hésiterait pas à prendre des mesures encore plus dures pour enrayer le mouvement de contestation qui secoue le pays. Mais sentant le vent tourner, dans la foulée, le président Morsi lance une invitation à Mohamed El Baradaï, ancien patron de l’Agence internationale de l’énergie atomique et prix Nobel de la paix, Amr Moussa, ancien secrétaire général de la Ligue arabe et à Hamdeen Sabahi –gauche- malheureux troisième lors de l’élection présidentielle de juin 2012, pour tenter de trouver une solution à cette nouvelle grave crise, la deuxième depuis l’arrivée des Frère musulmans au pouvoir.

En moins d’un an aux affaires, Mohamed Morsi et les Frères musulmans ont restauré la logique de la peur et la répression sans limite avec la perspective de s’appuyer sur des réseaux informels d’exactions. Le pays est de nouveau partiellement sous un état d’urgence renforcé ; Ce qui a pour conséquence logique de mettre fin aux espoirs démocratiques du peuple égyptien. Le problème, c’est que M. Morsi a perdu de vue une nouvelle donne : la peur n’a plus cours.

Le même jour, au Caire, Mohamed Ibrahim, son ministre de l’Intérieur venu assister à l’enterrement de deux policiers, tués la veille à Port Saïd, a été obligé de rebrousser chemin suite à un chahut monstre organisé par les fonctionnaires présents à la cérémonie.

Dahmane Soudani

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