À propos de l’article

Avatar de MaghNord News

Information sur l'auteur

Continuous news from both sides of the Atlantic

Syrie. Réhabiliter le terrorisme pour combattre la souveraineté

En Syrie, le Dr Hamdi Ismaïl, médecin en chimie organique vient d’être lâchement assassiné. Comme lors de l’invasion de l’Irak en 2003, les premières cibles en Syrie vont être les scientifiques et les couches moyennes. Les acteurs sont différents mais la finalité reste la même.

Hamdi Ismaïl, lâchement assassiné (c. écran-DR)

Les scientifiques parce qu’il faut que le pays soit conforme à l’image de l’idéologie véhiculée par les terroristes, installés au pouvoir par des puissances étrangères. Pour les sorciers de l’empire, il faut renvoyer la Syrie au Moyen Âge et aux pratiques de l’époque pour pouvoir, satisfaire les exécutants de basses besognes et le cas échéant, pouvoir tout justifier contre la Syrie et son peuple. On massacre en Palestine, sans raison intelligible, en dépouillant les survivants de tout, absolument tout, et en violation flagrante des us et du droit international, pourquoi se priver d’une telle orgie d’inhumanité dès lors que les marionnettes extrémistes fournissent les preuves reines à ceux qui, aujourd’hui sont factuellement complices du génocide perpétré par l’armée du prévenu Netanyahou et de ses acolytes messianistes. Ces mêmes forces et leurs scribes médiatiques agenouillés qui se sont escrimé, depuis 2011, à estampiller de « rebelles », les terroristes d’al-Nosra, classés comme tels par le Conseil de sécurité de l’ONU. À ce propos, le 16 mai 2013, al-Joulani, de son vrai nom Ahmed Hussein al-Chara (42 ans), a même été désigné comme « terroriste mondial » par les États-Unis et sa tête mise à prix à 10 millions de dollars. La même année, il fut placé sous sanctions par l’ONU et par la Suisse. Rappelons, à ce propos, qu’al-Joulani, né en Arabie Saoudite, mais dont le père est originaire du Golan occupé, avait été arrêté en 2006, en Irak, par l’armée américaine et emprisonné à Abou Ghraïb, puis au camp Bucca au sud de ce pays. On ne connait pas la date exacte de son élargissement. Qu’à cela ne tienne !

Tous ces planificateurs du crime de masse et de la destruction de nations entières, non seulement, ils ne seront jamais poursuivis -c’est le fait du prince !- mais adoptent la posture usurpée de donneurs de leçons sur des valeurs qu’ils piétinent allègrement quand ça les arrange et à propos desquelles ils ont perdu toute forme de crédibilité.

Bien évidemment, à moins d’être pathologiquement atteint, on n’est pas un planificateur de sang-froid de crimes de masse sans raisons sonnantes et trébuchantes.

La colonisation directe n’étant plus aussi aisée qu’au XIXe siècle, aujourd’hui, les principales raisons conduisant à ces tragédies sont la prédation à l’endroit des ressources, le contrôle de positions stratégiques et la vassalisation des nations par la contrainte. La situation en Syrie est aggravée par sa position stratégique -principale porte de l’Asie sur la méditerranée se trouvant sur l’axe de la Route de la Soie- et par sa proximité d’une entité fondée sur la prédation et le nettoyage ethnique et dont l’action ne repose sur aucune éthique de type universel.

Demeure la question des couches moyennes. Celles-ci représentent un maillon essentiel de la fluidité sociale et une force vitale d’équilibre et de contre-pouvoir, deux facteurs primordiaux pour le bon fonctionnement de toute société. Leur laminage est source, non seulement d’instabilité, mais aussi de régression. La destruction des conditions de renouvellement des couches moyennes fait parties des circonstances aggravantes.

Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, en général, les terroristes n’ont rien à voir avec l’Islam et les musulmans. Pour s’en rendre compte, il suffit de s’interroger sur l’identité de leurs fournisseurs d’étiquettes trompeuses du genre « combattants », « rebelles »… Est-ce que ce sont les Maghrébins souvent désignés du doigt ? Est-ce que c’est le modeste croyant, souvent accablé par des discriminations cruelles, des banlieues de Paris, de Londres ou de Berlin ? Pour peu quelle soit intellectuellement honnête, aucune personne ne peut répondre affirmativement à ces interrogations. Cette désignation compromettante et fallacieuse des terroristes d’al-Nosra et de ses satellites est utilisée dans un deuxième temps pour détourner et tromper les opinions publiques dans les pays parrains du terrorisme, afin de pouvoir armer en toute impunité ces escadrons de la mort.  Et lorsque les personnes en ligne de mire sont des Palestiniens ou des Arabes en général, on n’hésite pas à violer les lois de son propre pays et à mettre entre parenthèses le droit international.

Les terroristes relookés en « rebelles » représentent en fait, le cheval de Troie -accès sous faux drapeau, celui de la soi-disant « Nouvelle Syrie »- des prédateurs, essentiellement occidentaux -à ne pas confondre avec les populations des pays occidentaux-, objectivement voué à devenir la cinquième colonne – agissant dans son pays pour les ennemis de celui-ci-.

Jusqu’à présent, les parrains du terrorisme préféraient des régimes fantoches pour dissimuler leur main mise directe sur les ressources d’un pays et/ou l’exploitation de ses avantages stratégiques.

Mais face au réveil des peuples, alors que le temps presse, l’ultralibéralisme étant en fin de parcours, les candidats à ces obséquiosités sont de plus en plus rares, le processus est complexe et devenu de plus en plus difficile à mettre en place. Alors on ne boude plus les services de nervis brandissant l’étendard de l’Islam, quitte à faire exploser le pays où l’on envisage de les installer ; peu importe le nombre de victimes et l’ampleur des destructions. La Libye est en miette, l’indigence frappe les Libyens de plein fouet, mais les multinationales ont continué à siphonner du brut à flux tendu. Obama a beau exprimer des remords, Sarkozy a fait sa guerre pour Total et pour l’élimination d’un soutien majeur à la renaissance -pas à la création- de la Palestine.

Cela dit, ils trouveront toujours des signifiants vides -pour reprendre un concept cher à Roland Barthes- pour justifier leurs forfaitures ; des coquilles vides qu’ils imposeront comme vérité absolue -qu’on ne peux donc pas transgresser-, non pas par la pertinence de ses justifications, mais par la redondance et le matraquage médiatiques de types goebbelsien comme le souligne, à juste titre, le professeur Smaïl Hadj-Ali, endommageant ainsi durablement la sphère médiatique. Pour preuve, au lieu d’être source d’informations et lieu de débat, celle-ci devient de plus en plus objet de controverses et de confrontations. D’acteur autorisé à objet, la chute est plutôt vertigineuse.

il est clair qu’aujourd’hui, l’ennemi des grands prédateurs de ce monde ne sont ni les terroristes, ni toute la grande meute internationale fasciste, mais les patriotes et les pays qui défendent leur souveraineté et suivent une ligne politique indépendante. Le Chilien Salvador Allende aurait pu en témoigner, mais hélas ! Rien que pour cela, ils n’hésiteront pas réhabiliter des extrémistes violents et de nous inventer, ô comble de l’outrecuidance et de la désinvolture ! des révolutions à remonter le temps !

Dahmane SOUDANI

Tags:, , , ,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire