«Je suis solidaire du peuple palestinien et de sa lutte pour la libération », déclare Sarah Friedland, du haut de l’une des tribunes les plus prestigieuses au monde du 7e art.
Les cheveux sombres laissant échapper, une mèche rebelle sur le côté gauche du front et des boucles d’oreille serties de pierres rouges, le tout assortis avec la couleur des prix qu’elle porte en mains, la réalisatrice et chorégraphe américaine de confession juive Sarah Friedland, 33 ans à peine, s’est dignement dressée devant un auditoire du 7e art, trié sur les volets pour affirmer sa solidarité avec le peuple palestinien et condamner le génocide en cours à Gaza. La jeune cinéaste a puisé dans un répertoire simple, mais dont le contenu ne souffre d’aucune ambiguïté.
« En tant qu’artiste juive et américaine travaillant sur un médium lié au temps, je dois préciser que j’accepte ce prix à l’occasion du 336e jour du génocide israélien à Gaza et la 76e année d’occupation (applaudissement). Je pense qu’il est de notre responsabilité en tant que travailleurs du cinéma d’utiliser les plateformes institutionnelles par lesquelles nous travaillons, pour remédier à l’impunité d’Israël sur la scène internationale. Je suis solidaire du peuple palestinien et de sa lutte pour la libération (applaudissement) », déclare Sarah Friedland après avoir reçu le prix le prix Luigi De Laurentiis -du nom du producteur italien mort en 1992, l’année de naissance de Sarah Friedland- également connu sous l’expression prix Lion du futur récompensant, depuis 1999, le premier long-métrage d’un cinéaste sélectionné au Festival de Venise.

Un impératif moral universel
C’est le film Familiar Touch (91 minutes), genre dramatique, avec comme acteurs principaux Kathleen Chalfant, Carolyn Michelle Smith, Andy McQueen et Jon Benjamin qui a permis à Sarah Friedland de décrocher ce prix de la 81e édition du Festival de Venise.
Californienne d’origine, Sarah Friedland est une cinéaste et chorégraphe qui tente d’explorer l’intersection des images et de la plasticité du corps. À travers des narratifs hybrides, des films expérimentaux, des installations vidéo multicanaux et des performances de danse en direct sur site, elle met en scène et scénarise des corps et des caméras en concert pour élucider et distiller les modèles incarnés et non détectés de la représentation sociale et du corps politique.
Happée comme la quasi-totalité de l’humanité, par la tragédie palestinienne, elle considère le soutien à ce peuple comme un impératif moral universel.
Dahmane SOUDANI



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