Ce changement de ton de l’élu de New York, habituellement fort avenant envers Israël, obéit à d’autres raisons que celle de soulager le martyr des Gazaouis.
Chuck Schumer, le chef de file du groupe des démocrates, majoritaire au Sénat américain appelle, ce jeudi, à la formation d’un nouveau gouvernement israélien.
En quatre mois de massacre, 12 300 enfants ont été tués à Gaza contre 12 193 dans le monde entier, en quatre ans, entre 2019 et 2022. Ce bilan terrifiant fait dire à Philippe Lazzarini commissaire général de l’UNRWA que « Cette guerre est une guerre contre les enfants. C’est une guerre contre leur enfance et leur avenir ».
En quatre mois également, l’armée de Tel Aviv a tué 31 184 palestiniens (dont près de 40% sont des enfants) et blessé 72 889 autres sur une population totale de 2,3 millions d’habitants ; la quasi-totalité des victimes étant originaires de l’enclave palestinienne. Ces données ont été publiées, hier mercredi, par l’Organisation des Nations Unie.
L’ONU ne donne malheureusement pas le nombre de personnes disparues, enlevées ou piégées sous les décombre. Qu’à cela ne tienne ! Abstraction faite des disparus, 4,5% de la population de la bande de Gaza ont ainsi été tués ou blessés.
Le régime de Netanyahou menacé
On aurait pu espérer que c’est ce désastre humain, sans commune mesure, qui ait titillé le cœur de Chuck Schumer, habituellement fort enclin à venir au secours d’Israël, et lui faire changer de position et de cap. En fait il n’en est rien. Mais c’est juste parce que Netanyahou « s’est égaré » et « laisse sa survie politique primer sur les meilleurs intérêts d’Israël » ; Parce qu’Israël « ne peut pas espérer réussir en tant que paria auquel s’oppose le reste du monde ». Et à ceux qui se font des illusions les intentions du sénateur démocrate, celui-ci ajoute : « À ce moment critique, je crois qu’une nouvelle élection est le seul moyen de permettre un processus décisionnel sain et ouvert sur l’avenir d’Israël, à un moment où tant d’Israéliens ont perdu leur confiance ». Il propose quand même la création d’un État palestinien, mais « démilitarisé » qui donc devra sa survie au bon vouloir d’Israël.
Il y a aussi d’autre raisons. Pris en étau entre l’arrogance sanguinolente de Netanyahou et le nouveau mouvement civique qui a pris corps autour du martyr des Gazaouis, à l’approche d’une échéance électorale majeure, Joe Biden est très remonté contre le gouvernement israélien et risque de recourir à des mesures beaucoup plus sévères, visant Tel Aviv.
Il y a enfin une raison beaucoup plus sérieuse. Dans leur rapport annuel d’évaluation des menaces, rendu public cette semaine, les services de renseignement américains sont arrivés à la conclusion que le régime de Netanyahou était menacé. Ce même document indique qu’il faudra s’attendre à de grandes manifestations exigeant le départ du Premier ministre israélien.
Dahmane SOUDANI


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