À propos de l’article

Avatar de MaghNord News

Information sur l'auteur

Continuous news from both sides of the Atlantic

USA. La parlementaire américano-palestinienne Rashida Tlaieb, censurée

Pour avoir été solidaire des habitants de Gaza, la représentante démocrate (Illinois) et américano-palestinienne Rashida Tlaieb a été censurée, hier mardi, par la Chambre des représentants. Une partie de ses collègues lui reprochent, en particulier, d’avoir mis en ligne un montage vidéo dans lequel elle dénonce la position américaine et montre en miroir de cette ligne, les souffrances atroces infligées aux Gazaouis. Ce document audiovisuel se termine par un écran noir sur lequel on peut lire en blanc « Joe Biden a soutenu le génocide du peuple palestinien”.  À une année de la présidentielle de 2024, cette chute au vitriol fera sans doute beaucoup de dégâts.

Ma grand-mère veut vivre en paix dans la dignité (C écran-DR)

La censure est une mesure symbolique dans laquelle le parlementaire censuré est convoqué à la Chambre pour entendre le Président faisant lecture de cette décision.

La mesure visant la parlementaire a été introduite par le républicain (Géorgie) Rich McCormick. Elle a été votée par 234 voix contre 188. Vingt-deux démocrates se sont joints aux Républicains pour réprimander officiellement Rashida Tlaieb.

Plus zélée, la républicaine Marjorie Taylor Greene (Géorgie) a, de son côté, proposé un blâme au motif que Rashida Tlaieb a tenté de fomenter une insurrection ; une proposition rejetée par la Chambre des représentants.

« Je suis la seule Palestino-Américaine qui siège au Congrès, Monsieur le Président, et mon point de vue est plus que jamais nécessaire ici. Je ne serai pas réduit au silence et je ne vous laisserai pas déformer mes propos. Les gens oublient que je viens de Détroit, la plus belle ville noire du pays, ville où j’ai appris à dire la vérité au pouvoir, même si ma voix tremble.

« Essayer de m’intimider ou de me censurer ne fonctionnera pas, car ce mouvement pour un cessez-le-feu est bien plus important qu’une seule personne. Cela grandit chaque jour. Des millions de personnes à travers notre pays s’opposent à l’extrémisme de Netanyahu et ont fini par voir notre gouvernement soutenir la punition collective et l’utilisation de bombes au phosphore blanc qui font fondre la chair jusqu’aux os. Ils ont fini par voir notre gouvernement, Monsieur le Président, soutenir la suppression de la nourriture, de l’eau, de l’électricité et des soins médicaux pour des millions de personnes qui n’ont nulle part où aller. Comme moi, monsieur le président, ils ne croient pas que la réponse aux crimes de guerre consiste à multiplier les crimes de guerre. Le refus du Congrès et de l’Administration (Biden) de reconnaître la vie des Palestiniens me blesse profondément. Plus de 10 000 Palestiniens ont été tués. La majorité, sont des enfants. »

« Mais permettez-moi être claire. Ma critique a toujours été à l’encontre du gouvernement israélien et des actions de Netanyahu. Il est important de séparer les gens et le gouvernement, monsieur le président. Aucun gouvernement n’est à l’abri de toute critique. L’idée selon laquelle critiquer le gouvernement israélien est antisémite crée un précédent très dangereux. Cela a été utilisé pour faire taire diverses voix qui défendent les droits de l’homme à travers notre pays. Vous rendez-vous, monsieur le président, ce que c’est que de voir des gens à l’extérieur de la Chambre écouter avec angoisse leur propre gouvernement les déshumaniser ? Pour entendre le président des États-Unis que nous avons aidé à être élu… ? Le bilan des morts est contesté, mais nous le voyons vidéo après vidéo les enfants et les parents morts, sous les décombres… Monsieur le président, savez-vous ce que cela signifie de craindre une augmentation des crimes haineux ? Savoir comment l’islamophobie et l’antisémitisme nous rendent tous moins en sécurité ? »

« Et craignez que votre propre enfant ne subisse les mêmes horreurs que cette dame de soixante ans a vécues dans l’Illinois. Je n’arrive pas à croire que je dois dire cela, mais le peuple palestinien n’est pas jetable. Nous sommes des êtres humains comme tout le monde. Dans ma ville, ma grand-mère, comme tous les Palestiniens, veut juste vivre sa vie en liberté et l’espoir d’une dignité humaine. Nous devrions tous prendre la parole pour sauver des vies (la parlementaire fond en larmes). Monsieur le président, peu importe la foi ou l’origine ethnique, cela ne devrait pas susciter de controverses dans cette Chambre. Les cris des enfants palestiniens et israéliens ne me semblent pas différents. Pourquoi !? Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi les cris des enfants palestiniens sonnent différemment pour vous tous ? »

Dahmane SOUDANI

Tags:, , , , ,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire