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Monde Arabe. Les révolutions à remonter le temps ont fait leur temps

Un scénario à l’égyptienne plane sur la Tunisie

 

Les dictateurs étaient corrompus, mais parvenaient tant bien que mal à faire tourner l’économie. Sous les régimes islamistes, non seulement la parole est interdite, l’économie est ruinée, le noyautage des institutions est de mise, mais les citoyens ne disposent plus de la liberté de rêver, d’aimer, de s’habiller, de manger, de boire… bref de vivre comme ils l’entendent. Et si quelques « écervelés de démocrates », commettent le péché majeur d’oublier ou de transgresser ces règles, des polices politiques comme les « Ligues de protection de la révolution » en Tunisie sont là pour les leur rappeler.

Milieux pétrolivores et islamistes, un même combat

Fait significatif, ce pouvoir informel parvient, dans bien des cas, à s’offrir la docilité d’éléments de la force publique gangrénant ainsi de façon tragique les institutions des pays concernés. Ce n’est pas pour rien que tant les islamistes que les sphères occidentales rompues à la culture coloniale, se sont empressés, de façon tout à fait consciente, de détruire les États en même temps que les anciens régimes. À ce propos, il ne sert à rien de se voiler la face : il y a des intérêts stratégiques convergents entre les milieux pétrolivores occidentaux et les islamistes. Argutie indigente : on nous dira que la Tunisie n’a pas beaucoup de pétrole, faignant d’oublier qu’un pays de cette taille pourrait être un excellent laboratoire.

Le violent retour de manivelle animé par la haine que les citoyens de pays comme l’Égypte et la Tunisie vouaient aux dictateurs et autres autocrates, les a conduit à un vote de colère –mauvaise conseillère- complètement irrationnel dont ils sont, aujourd’hui, les premières victimes. Mais deux après la chute des anciens régimes, la jeunesse arabe réalise que son rêve de démocratie, de liberté, de paix et de modernité, recyclé par le trou noir islamiste, s’est transformé en un véritable cauchemar. La déception est telle si aujourd’hui, on organisait de nouvelles élections, les extrémistes religieux seraient renvoyés dans leur petit carré de minorité agissant à contre-sens de l’histoire.

Situation insurrectionnelle

En Égypte, la population ne pouvant pas patienter jusqu’à de nouvelles échéances électorale avait agit pour la chute du pouvoir des Frères musulmans. L’armée a fait le reste du travail. En Tunisie où non seulement les islamistes d’Ennahdha, mais aussi –il faut avoir l’honnêteté de le dire- ce qui derrière un paravent démocratique, partagent le pouvoir avec eux –le tout formant ce qu’on appelle pompeusement la Troïka- retardent avec une résolution indécente la mise en place de l’édifice institutionnel devant conduire aux élections générales. Mais comme tous les tricheurs, ils sont rattrapés par le temps. Après le lâche assassinat du député Mohamed Brahmi, 55 députés sur 217 que compte l’assemblée nationale constituante (ANC) ont jeté l’éponge et depuis samedi dernier, le pays vit une situation insurrectionnelle. La presse tunisienne signale l’explosion d’une voiture piégée à la Goulette, l’occupation du gouvernorat symbole –à plus d’un titre- de Sidi Bouzid, des attaques contre des postes de police et des affrontements parfois très violents, comme à Gafsa où l’on déplore un mort.

Pour prévenir un scénario à l’égyptienne, la Troïka a effectué les premiers tirs de barrage en clamant qu’une dissolution de l’ANC équivaudrait à « un coup d’État » ; un véritable aveu d’impuissance, mais les jours du pouvoir en place sont comptés. Les révolutions à remonter le temps ont fait leurs temps. Elles resteront comme une triste parenthèse dans l’histoire du monde arabe.

 

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