Prenant avantage des ambiguïtés du régime, et disposant d’importants moyens financiers Al-Qaïda tenterait de prendre le pouvoir en Tunisie
Le journaliste d’Ettounsiya ne croyait pas ce qu’il entendait. Lundi soir, sur le plateau de cette chaîne de télévision, Rachid Ammar, chef d’état major des armées a annoncé que deux jours auparavant, il avait présenté à Moncef Marzouki, président de la république par intérim, une demande de départ à la retraite ; demande acceptée par le chef de l’état. « J’ai décidé de quitter mes fonctions compte tenu de la limite d’âge (…) Il ne s’agit pas d’une démission. Pour ce qui me concerne, je ne démissionne pas. Démissionner, c’est se dérober face à la difficulté or depuis que j’ai accédé aux responsabilités, je n’ai jamais fui les difficultés » a tenu à préciser celui qui a tout fait pour que l’armée tunisienne n’ait pas eu du sang sur les mains, lors des révoltes de janvier 2011. « C’était la révolution tunisienne, ce n’était ni une révolution pour un quelconque printemps, ni une révolution au Jasmin, mais la révolution de la Tunisie », martèle Rachid Ammar qui a tenu à rendre hommage à l’engagement républicain des forces armées du pays. « L’armée est l’institution qui a protégé la Révolution. Elle a rempli le vide et supporté la tente pour qu’elle ne s’écroule pas sur ses occupants » clame-t-il.
Les frustrations de l’enfant de Sayada
Pour cet officier de haut rang, devenu, le symbole des valeurs républicaines en Tunisie, les évènements du mont Chaambi ne sont pas de simples actions terroristes, mais une rébellion orchestrée par Al-Qaïda en vue de prendre le pouvoir en Tunisie.
Du point de vue du général, désormais à la retraite, Al-Qaïda, l’argent, l’indigence du renseignement et certains disfonctionnements au sein des institutions publiques sont les ingrédients des troubles actuels et à venir.
On sent dans les propos du général Rachid Ammar -67 ans- l’expression d’une grande frustration au sein de l’institution militaire depuis l’arrivée d’Ennahda aux affaires. Ces derniers temps, le général a été l’objet de nombreuses pointes lancées par des politiques.
En Tunisie, l’enfant de Sayada -gouvernorat de Monastir- jouit d’une grande notoriété. Va-t-il tenter d’utiliser ce capital pour réaliser en tant que simple citoyen, ce qu’il n’a pas pu accomplir en tant que militaire ? Il est trop tôt pour le savoir.
Dahmane Soudani



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