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Union européenne. Armer les groupes qui combattent en Syrie pour quelle finalité ?

L’Union européenne (UE) vient de décider de lever l’embargo sur la livraison de moyens militaires destinés aux groupes armés, en partie constitués de ressortissants étrangers, qui combattent en Syrie. Comme par le passé, depuis l’avènement de ce qu’il est convenu d’appeler le « Printemps arabe », Paris et Londres font preuve d’un zèle particulier à s’appuyer sur ces groupes, financés d’ailleurs par des pays qui se trouvent à cent mille lieux des valeurs démocratiques et républicaines, pour tenter de renverser les régimes en place. Et tant pis pour le droit international et la souveraineté d’un pays, comme la Syrie, membre des Nations-Unis !

Cette décision de l’UE intervient après les revers essuyés par ce qu’on a pour habitude d’appeler les « rebelles », à Qousseir, ville verrou jouxtant de la frontière nord du Liban. Piqués au vif par cette débâcle, Paris et Londres décident alors de descendre en première ligne. La problématique change de nature. La question n’est plus de savoir ce que veut réellement le peuple syrien. Elle s’articule désormais autour la primauté de certaines puissances à imposer leur volonté à des pays militairement plus faibles. Et sur ce point précis, malgré le changement de pouvoir en France, la démarche reste la même.

Dans de telles conditions, mis à part les nations qui disposent d’une force de dissuasion efficace, quel est le pays qui, à l‘avenir peut conduire d’une politique réellement souveraine, puisque les différents régimes en place doivent prêter allégeance pour pouvoir survivre ?

Ces développements mettent nombre de pays dans une véritable impasse. À l’avenir, la seule issue de sortie pour les nations en développement qui disposent des moyens adéquats, consiste à se doter de moyens de dissuasion pour exercer une pleine souveraineté sur leurs territoires. La question est d’autant plus cruciale que même lorsque des décisions d’intervention sont prises au sein du Conseil de sécurité, elles sont souvent détournées et utilisées à d’autres fins sans que personne n’ait de compte à rendre. Le cas de la Libye est, on peut plus frappant.

Moscou a rectifié le tir en décidant de livrer aux autorités syriennes des batteries de missiles de défense sol-air de type S-300 au terme d’un contrat conclu en 2010, entre les deux pays. Cet accord porte sur la livraison quatre batteries comprenant six rampes de tir et 144 missiles.

Trop tard la course à l’armement est déjà relancée et cette fois-ci ce sont les pays du sud qui en sont et seront les principaux animateurs. L’Iran s’est déjà doté de son propre système antimissile de défense depuis 2010. D’autres pays lui emboîtent le pas. Dans cette nouvelle spirale, les pays qui cherchent à se protéger d’une agression étrangère ne sont pas les seuls à endosser la responsabilité. Loin s’en faut !

La récente décision de l’Union européenne est d’autant plus contre-productive que la Syrie se situe dans une zone de fracture entre les intérêts stratégiques et économiques impliquant Russe, Chinois et Iraniens d’un côté et certains pays occidentaux de l’autre. De ce simple fait, toute décision qui pousse à l’escalade ne fera qu’aggraver le conflit et étendre la zone de confrontation. La Turquie et le Liban en font déjà les frais.

 

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