Athènes et Ottawa veulent engager des procédures contre les fraudeurs huppés.
L’affaire déjà estampillée « Offshore leakes » fait l’effet d’un véritable séisme mondial. Le dossier contenu dans un disque dur, au départ illisible pour cause cryptage, comporte pas moins de 2,5 millions de documents impliquant 100 000 personnes réparties dans 170 pays. Ce que les politiques nous promettent depuis des lustres, le journaliste australien, Gerard Ryle et l’organisation à but non-lucratif, International Consortium of Investigative Journalist –ICIJ, basée à Washington et associant 160 journalistes répartis dans 46 pays- l’ont fait. Les premiers indices nous donnent déjà des pistes d’explication de l’attitude dilatoire de certains politiques. Le nom du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, lui-même figure sur le listing partiellement rendu public par le réseau déployé par l’ICIJ. Il en est de même d’ Olga Chouvalova, épouse du vice-premier ministre russe, un proche de Vladimir Poutine. Selon la presse belge, des diamantaires d’Anvers sont également concernés. C’est aussi le cas de Jean-Jacques Augier, directeur de campagne du président français, François Hollande pour la présidentielle de 2012.
Une action de citoyenneté universelle
Au Canada, les journalistes de l’émission « Enquête » (radio Canada) disposent déjà de la liste complète des noms de citoyens de ce pays concernés par ce méga-scandale. On sait par exemple que le nom de la sénatrice libérale Pana Merchant et celui de son époux Tony Merchant, un célèbre avocat du pays de l’érable, font partie du lot.
Plusieurs États sont ébranlés par ce scandale mondial. Certains voulant instaurer un cordons sanitaire autour de leurs équipes, d’autres réellement surpris par l’ampleurs de la fraude, les gouvernement réagissent avec vigueur. La Grèce a ordonné l’ouverture immédiate d’une enquête et Ottawa réclame la liste des 450 canadiens concernés. Et ce n’est qu’un début.
Des tirs de barrages retentissent déjà, ça et là, pour nous expliquer que tous les placements et activités liés à des sociétés offshore dans des paradis fiscaux, ne sont pas illégaux –sous entendu qu’ils ne sont pas motivées par des incitations ou des intentions d’évasions fiscales-. Mais ça, c’est la justice et aux services fiscaux de chaque pays de le dire.
Gerard Ryle et l’ICIJ ont accompli une action de citoyenneté universelle. Il appartient aux institutions et aux citoyens de chaque pays, en fonction du degré de gravité, de poursuivre cet engagement qui ne devra pas rester sans conséquences.


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