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Algérie. Sécurité routière : l’hécatombe

Avec 201 tués et 2 774 blessés en quinze jours, les routes algériennes figurent parmi les plus meurtrières au monde. On a enregistré jusqu’ un mort pour 9 401 habitants par an.

C’est un véritable bilan de guerre qui s’affiche au compteur de la sécurité routière en Algérie. En une semaine, du 17 au 23 juillet 2012, on a enregistré le décès de 94 usagers de la route et 1 234 blessés. Comparés aux statistiques de la semaine précédente, ces nouveaux chiffres représentent pourtant une amélioration. Selon le quotidien El Watan qui cite la gendarmerie algérienne, le nombre de victimes épargnées est de 13 morts et 306 blessés. Le nombre d’accidents a également enregistré une baisse hebdomadaire de 79 sinistres. Quand bien même le nombre d’accidents avec incidence corporelle –et c’est le plus important- ait diminué, le bilan reste malgré tout, très lourd et une durée aussi courte n’est pas révélatrice d’une tendance durable.

Sétif, l’accidentogène

Avec 30 accidents à l’affiche, Sétif reste le département le plus accidentogène, suivi de Batna, 29 sinistres. Toujours, selon le même quotidien, à l’origine des accidents, on retrouve par ordre de fréquence : l’excès de vitesse, les dépassements dangereux, l’imprudence des piétons, le non respect des distances de sécurité et, tenez-vous bien, la circulation à gauche de la chaussée !

Trop de sang sur les routes algériennes (photo/archives Dahmane Soudani)

En 15 jours, le bilan est simplement alarmant. Il s’élève donc à  201 tués et 2 774 blessés et à bien observer les statistiques sur le site de la gendarmerie algérienne, malgré le Ramadhan, on n’est pas encore dans la période la plus accidentogène de l’année qui habituellement correspond au bimestre septembre-octobre.

Les données du mois de juillet courant et même de 2011, ne figurent pas encore sur le site de la gendarmerie. En revanche les bilans de 2009 et 2010, mis en ligne, révèlent respectivement 3 829 et 2 994 décès/an du fait des accidents de la route. Pour une population 36 000 000 âmes et un parc automobile qui ne dépasse guère les 5 919 726 millions de véhicules en circulation dont3 686 266 voitures de tourisme (en 2010 selon la gendarmerie), c’est trop cher payé. En d’autres termes, ces statistiques signifient qu’il y a eu 1 mort pour 9 401 habitants en 2009 et 1 mort pour 12 024 habitants en 2010.

Des souffrances et des familles démolies

Pour les mêmes exercices, en France, le nombre de personnes ayant perdu la vie sur les routes était de 4 262 en 2009 et de 3 992 en 2010, mais il faut rapporter ces données à une population qui fait pratiquement de double de la population algérienne (65 350 000 habitants) et à un parc automobile 6,5 fois plus important (38 060 000 véhicules en 2012). Cela représente 1 mort pour 15 333 habitants en 2009 et 1 mort pour 16 370 pour 2010.

La voiture, un moyen utile, mais mal utilisée, elle peut semer la mort (photo/archives Dahmane Soudani)

Ce parallèle n’a pas pour but de comparer, ce qui n’est pas comparable –transports publics plus développés, âge et sociologie des conducteurs, culture de la conduite…-. Il montre simplement qu’il reste encore beaucoup de marge pour épargner un nombre très important de vies humaines. Le durcissement de la répression des infractions, par la modification de la loi du 19 août 2001, mis en œuvre le 1er février 2010, s’est traduit par 834 vies épargnées au cours de la même année en comparaison avec 2009, mais le bilan reste inacceptable.

Sans prendre en compte le coup social d’un décès, l’incantation des chiffres ne doit pas faire oublier que derrière chaque victime, il y a des traumatismes et d’énormes souffrances qui, par ailleurs peuvent démolir des familles entières.

La Rédaction

Repères

2009 :

===> 24 715, le nombre d’accidents

===>   3 829, le nombre de tués

===> 43 782, le nombre de blessés

 

2010 :

===> 19 402, le nombre d’accidents

===>   2.994, le nombre de tués

===> 34.262, le nombre de blessés

2011 (non disponible)

 

 

 

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